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Full text of "Rapport contenant l'exposition du système adopté par la Commission des phares, pour éclairer les côtes de France"

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RAPPORT 



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L'EXPOSITION DU SYSTEME 

ADOPTÉ PAR LA COMMISSION DES PHARES, 

POUR ÉCLAIRER LES COTES DE FRANCE. 



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RAPPORT 



CONTENANT 



/EXPOSITION DU SYSTEME 



ADOPTE PAR LA COMMISSION DES PHARES, 



POUR ECLAIRER LES COTES DE FRANCE. 




A PARIS, 
DE L'IMPRIMERIE ROYALE. 



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RAPPORT 



MINISTÈRE 

DE L'INTÉRIEUR. , 
DIRECTION GÉNÉRALE 



CONTENANT 



L'EXPOSITION DU SYSTÈME 



ADOPTE PAR LA COMMISSION DES PHARES, 



POUR ECLAIRER LES COTES DE FRANCE. 



l_iA Commission des phares, dans sa séance du 20 mai 1 825*, 
après avoir examine le projet présenté par M. de Rossel pour la 
distribution et l'emplacement des feux destinés à guider, pendant 
la nuit, les navigateurs qui s'approchent des côtes de France, a 
revêtu ce projet de son approbation, et a demandé que tes déve- 
iôppemens qui venaient de lui être donnés pour justifier la com- 
binaison des : divers feux proposés et le choix des dieux où ils 
devaient être placés, fussent consignés dans un rapport qui con- 
tînt l'ensemble du système et la discussion de toutes ses parties! 
M. de Rossel , chargé de ce travail , s'est concerté avec M. Fresnei i 
et , ! eiT profitant des avis qui lui ont été donnés dans cette séance, 
if a rédigé le rapport suivant, qu'il à l'honneur de soumettre à la 
Commission pour remplir ses intentions. 



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S. PREMIER. 

CONDITIONS A REMPLIR. 

Les difierens phares ou feux disséminés sur toute l'étendue ■ 
d'une côte, doivent remplir divers objets dépendant de la position 
des vaisseaux, et principalement de la route qu'ils se proposent 
de tenir; les navigateurs qui ont eu connaissance de terre avant 
la nuit, et ne jugent pas à propos d'entrer pendant l'obscurité dans 
le port ou dans la rade qu'ils viennent chercher, s'en servent pour 
se maintenir, tant qu'un des phares est en vue , dans une position 
qui leur permette deprendre, à la pointe du jour, une direction qui 
les conduise promptement au lieu de leur destination. Les vais- 
seaux qui suivent la côte en se tenant à une distance de terre 
suffisante pour les mettre à l'abri de tout danger, reconnaissent 
au moyen des phares , à tous les instans de la nuit , le lieu où ils 
sont et la route qu'ils ont à suivre pour éviter les- écueils situés 
au large. Ces phares doivent être placés sur les caps les plus 
saillans et les pointes les plus avancées; ils doivent aussi être, 
les uns par rapport aux autres, à des distances telles, que, 
lorsque, dans les temps ordinaires, on commence à perdre de 
vue. le phare dont on s'éloigne, il soît possible de voir celui 
dont on se rapproche. Les phares dont on vient de parler, 
destinés à donner des indications aux vaisseaux qui viennent 
du large ou à ceux qui prolongent la côte, doivent être vus de 
très-loin et leurs feux être de la plus grande portée possible. C'est 
ce qui leur a fait donner , dans le système général , la dénomination 
de phares du premier ordre. II faut,- en conséquence, les tenir 
assez élevés, et leur donner le plus grand éclat que nous puissions 
produire dans l'état actuel de nos connaissances. 



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(3 ) 

Ces phares du premier ordre sont encore destinés à un autre 
usage qui n'est pas d'une moindre importance, puisque des indi- 
cations qu'ils procurent, dépend quelquefois ie salut des vais- 
seaux: en effet, dans le cas où fa force du vent les pousserait 
sur la côte, ou bien dans celui où, pour échapper à des forces 
supérieures , ils seraient obligés de venir chercher un port 
et d'y entrer pendant la nuit, ce sont ces feux qui leur font 
reconnaître d'abord le point où ils se trouvent, et leur donnent 
ensuite la première indication sur la route qu'ils doivent suivre 
pour entrer avec sécurité dans la rade et même dans le port où ils 
veulent aller. On sent, d'après ce qui vient d'être dit, de quelle 
importance il est que des vaisseaux, avertis seulement des appro- 
ches de la côte par la vue de l'un des phares disséminés sur 
toute son étendue, ne puissent jamais être exposés a se tromper 
et à prendre le feu qu'ils aperçoivent pour i'<iin des feux voisins. 
C'est ce qui a mis dans la nécessité de diversifier, autant que la 
nature des choses a pu le permettre, les apparences présentées par 
-les phares. Jusqu'à présent, le nombre de ces apparences est 
très-limité ; heureusement que Terreur dont la position d'un 
vaisseau venant du large peut être affectée, a également des 
limites , et qu'il a suffi de. répartir les phares sur toute la 
côte , de manière que , dans l'étendue fixée par la plus grande 
erreur dont la position d'un vaisseau soit susceptible, il ne se 
trouve jamais deux phares offrant exactement la même appa- 
rence. C'est une règle dont on ne s'est écarté, dans le système 
général approuvé par la commission, quedansle cas où deux feux 
semblables, placés l'un auprès de l'autre, acquièrent ainsi un 
caractère particulier qui ne laisse plus craindre, de méprise. 

On a dit précédemment que les phares du premier ordre, 
après avoir fait connaître le point où l'on se trouve, donnaient 
ensuite aux vaisseaux qui se rapprochent de la côte les premières 

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notions cîe la route à suivre pour se rendre au lieu de leur 

destination, c'est-à-dire, pour entrer dans les passes plus ou 
moins étroites qui y conduisent, ou bien pour éviter les écueils 
qui se trouvent sur leur route. Des feux d'une moindre intensité 
que les premiers , sont placés sur des îles , des écueils situés entre 
les grands phares et la côte, ou sur d'autres parties de la côte 
elle-même, de manière à indiquer la route qu'il faut tenir pour 
pénétrer dans ces passes ou éviter ces écueils, en allant suc- 
cessivement prendre connaissance de chacun d'eux. Leur portée 
est déterminée par la distance à laquelle on doit commencer 
à se diriger d'après chacun de ces feux : elle doit , en général , 
être beaucoup moindre que celle des feux de premier ordre; 
cependant, comme , dans certaines circonstances, il a été indis- 
pensable de fui donner une assez grande étendue, on s'est trouvé 
dans l'obligation d'établir deux ordres différent dans ces phares 
ou feux secondaires. Les phares du second ordre sont ceux de la 
plus grande portée, et les phares du troisième ordre ceux qui 
se voient de moins loin. 

Enfin, la Commission, désirant satisfaire à tous les besoins 
de la navigation, a décidé que des lumières seraient entretenues 
pendant la nuit à l'entrée des ports, pour guider les bâtimens 
près des jetées qui en forment l'entrée et servent d'abri, ou dans 
les passes étroites où ifs sont obliges de s'engager. Ces derniers 
feux, beaucoup moins brillans que les premiers, et par conséquent 
beaucoup moins dispendieux, sont compris sous la dénomination 
de feux de ports , et n'ont d'autre usage que d'indiquer l'entrée de 
ces ports aux bateaux pêcheurs et même aux bâtimens d'un plus 
grand tirant d'eau , toutes les fois que les localités le permettent. La 
majeure partie des petits ports situés sur les côtes de l'Océan, où 
les marées sont très-grandes, ne peuvent recevoir les navires qu'à 
certaines époques de la marée, c'est-à-dire que l'on ne peut pas y 



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( 5 ) 

entrer pendant le flot, avant que la mer soit parvenue à une 
certaine hauteur; et qu'il ne reste plus assez d'eau dans les passes 
après une certaine heure de jusant. Les feux de ports servent à 
donner ces indications très-essentieiles. Ils ne sont allumés, dans 
plusieurs lieux , que pendant le temps où il reste assez d'eau entre 
les jetées. La Commission a décidé que des feux de cette espèce; 
qui ne peuvent être confondus avec aucun des phares de l'un des 
trois ordres adoptés , seraient allumés à l'entrée de tous les ports ; 
même les plus petits; mais elle devra choisir ensuite le mode 
d'indications le plus sûr pour faire connaître les instans de la 
marée où il y a assez d'eau dans les passes, et ceux où il est 
impossible de s'y engager. A cet égard, îî y aura sans doute de 
l'avantage à se conformer aux usages établis, toutes les fois que 
ces usages ne paraîtront pas défectueux, à moins "que le système 
' nouvellement adopté ne fournisse des indications plus claires et, 1 
dans certaines circonstances, plus étendues. II sera question de 
quelques-uns des moyens qui, dans letat actuel des choses; 
pourraient être employés avec avantage, lorsqu'on parlera de 
l'emplacement, de l'apparence et de l'usage de chacun des feux 
que la Commission propose d'entretenir sur les côtes de France; 
Mais il est essentiel de rappeler qu'il sera prudent de ne rien 
'décider à l'égard de ces nouveaux moyens , avant d'avoir consulté 
les marins des divers ports où l'on se proposera de les mettre en 
usage. 

s. il 

MOYENS EMPLOYÉS POUR ÉCLAIRER LES PHARES 
ET VARIER LEURS APPARENCES. 

II vient d'être question des différentes conditions à remplir 
pour compléter le système d'après lequel toutes les côtes de 



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C. ? ) 

France doivent être éclairées , si l'on veut assurer, pendant 
la nuit, la navigation des navires et des vaisseaux qui fré- 
quentent nos ports, et les soustraire, autant que l'état de nos 
connaissances le permet, aux dangers qu'ils ont à courir pendant 
le mauvais temps et les longues nuits d'hiver. 

Les marins avaient depuis long-temps reconnu les besoins de 
la navigation; plusieurs projets avaient été proposés, relative- 
ment à la répartition de phares et de feux sur toute l'étendue des 
côtes de France, principalement sur celles de l'Océan; car H 
paraît qu'a l'égard des côtes de la Méditerranée, on ne s'était pas 
occupé d'établir un système générai; on s'était contenté d'indiquer 
quelques lieux particuliers sur lesquels des feux avaient été 
allumés, et encore ces feux n'étaient-ïls pas placés de manière à 
assurer la navigation des ports les plus fréquentés, tels que 
Toulon , l'un des arsenaux les plus importans de la marine royale , 
et Marseille, ville si considérable par l'étendue de son commerce. 
. L'exécution des différens systèmes proposés pour éclairer les 
côtes de l'Océan , a Souffert pendant long-temps de grandes diffi- 
cultés ; d'abord , parce qu'on n'avait pas à sa disposition des moyens 
simples et peu dispendieux de produire des masses de lumière 
assez intenses pour atteindre à la distance que certaines configu- 
rations de la côte rendaient indispensable d'éclairer avec un seul 
phare, mais sur-tout parce que les moyens alors connus ne per- 
.^> mettaient pas de varier les apparences de la lumière, et de remplir, 
ainsi qu'on vient de le dire , une des conditions les plus essentielles , 
toutes les fois que l'on veut qu'une côte soit éclairée, sans inter- 
ruption, dans toute son étendue. .. 

Le chevalier de Borda, capitaine de vaisseau, dont le nom est 
aussi respecté par les marins de toutes les classes que par le 
monde savant, est parvenu, en plaçant une latnpe d'Argând 
au foyer d'un grand miroir parabolique argenté, à dqnner à la 



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(7) 

lumière un degré d'intensité qui lui a procuré toute la portée 
'désirable, du moins dans la direction de l'axe du réflecteur.- 
La première application qui ait été faite de ce moyen puissant 
d'augmenter la lumière d'un simple bec de lampe, a eu lieu 
sur la tour de Courdouan. On sait que ces miroirs ne jouissent 
d'un si grand avantage que par la propriété qu'ils ont de répéter, 
sur tous les points de leur surface, le point lumineux placé au 
foyer de la parabole génératrice, et d'en former un faisceau de 
lumière qui se propage directement jusqu'à une grande distance, 
mais qui n'éclaire qu'une très-petite portion du cercle de l'horizon; 
C'est en fixant autour d'un même axe vertical plusieurs becs 
d'Argand, placés au foyer de miroirs dirigés dans diiférens 
sens, et en faisant tourner l'axe qui les supporte, à l'aide d'une 
machine de rotation, que l'on est parvenu à éclairer successive- 
ment tous les points de l'horizon. If en résulte que l'observateur 
ne voit la lumière des phares ainsi éclairés, que pendant le temps 
qu'un des faisceaux de lumière, renvoyé par chaque miroir para- 
bolique, met à passer devant ses yeux, et qu'il la perd de vue 
lorsqu'il se trouve entre deux de ces faisceaux ou dans l'angle 
qu'ils forment entre eux. Cette alternative d'éclats de lumière y 
suivis d'obscurité, leur a fait donner le nom de phares à éclipses. 
Ils remplissent complètement leur destination , si on les considère 
isolément; mais du moment qu'il s'agit de les faire entrer dans un 
système général, et que l'on cherche par conséquent à varier leurs 
apparences, on ne tarde pas à rencontrer des difficultés presque 
insurmontables, ou du moins qui ont paru telles jusqu'à présent; 
La première idée qui se soit présentée , a été de varier la durée 
des éclipses. On a senti qu'il était impossible de songer à rac- 
courcir cette durée, en précipitant le mouvement de rotation 
du phare, parce qu'on aurait raccourci dans la même proportion 
celle des éclats de lumière, qu'il importait au contraire de pro- 






( 8 ) 

longer le pïus possible. Le seul moyen dont on pût disposer, 
était de multiplier les lampes autour de l'axe de rotation; mais 
les grands miroirs paraboliques sont si pesans f! que, dans la 
crainte de Je trop surcharger, on n'a pas voulu placer plus de 
huit réverbères de grandes dimensions sur un même axe.'* 
Il eût fallu leur donner des dimensions plus petites , pour 
pouvoir en augmenter le nombre sans inconvéniens ; mais 
alors la lumière aurait eu moins de portée, et ces phares 
n'auraient plus eu l'éclat qu'il était nécessaire de donner aux 
phares du premier ordre. Enfin, tant qu'on voulait s'astreindre 
à conserver à la lumière une grande intensité et des apparitions 
assez prolongées , pour fixer l'attention à la première vue , on ne 
pouvait pas se flatter d'établir des différences assez sensibles entre 
les durées des éclipses, pour en former des phares d'apparences 
très-distinctes, et telles qu'elles ne pussent jamais exposer les 
navigateurs à commettre des erreurs funestes.- 

On conçoit facilement, d'après ce qui vient d'être dit, des 
miroirs paraboliques , que ces miroirs ne peuvent entrer dans la 
construction des phares à feux fixes, destinés à être vus dans 
toutes les directions. II eût fallu tellement multiplier les miroirs 
et diminuer leurs dimensions , qu'ils eussent à peine produit l'effet 
que l'on doit attendre des phares du troisième ordre. On était 
donc privé de l'avantage inappréciable d'établir des feux fixes du 
premier ordre ou d'une très-grande portée. 

Les effets des miroirs paraboliques, si supérieurs à ceux des 
anciens phares, ne se prêtaient donc pas facilement à toutes les 
modifications qu'il était nécessaire de faire subir à la lumière. Ces 
miroirs métalliques avaient en outre l'inconvénient d'être sujets à 
se ternir et à perdre aisément leur poli primitif; ondevaitdonc 
s'attendre qu'au bout d'un' certain temps , l'intensité de la lumière 
et par conséquent leur portée seraient sensiblement diminuées. La 



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(9 ) 
Commission des phares a cherche, pendant long -temps, à 
surmonter les obstacles qui ralentissaient la marche de ses 
travaux; mais, tant qu'elle n'a eu à sa disposition, que les 
moyens connus avant sa formation , il lui a été impossible de pré- 
senter tm système qui fût de nature à satisfaire à tous les besoins 
de la navigation. Il fallait que de nouveaux moyens fussent trou- - 
vés , pour qu'elle pût se flatter d'obtenir un si grand avantagé. 

M, Je Directeur général des ponts et chaussées , sans ees.se 
occupé de l'amélioration de tous les objets de son administra- 
tion qui intéressent le bien public , avait suivi avec une attention 
particulière les travaux de ia Commission des phares. Il avait 
pris connaissance des difficultés qui ralentissaient, leur marche; 
et ne tarda pas à s'apercevoir qu'il ; fallait qu'un homme ayant 
des connaissances supérieures , et pouvant donner tout son temps 
à ces recherches, fût adjoint à la Commission pour l'aider à 
lever les difficultés qui l'arrêtaient. Les belles découvertes que 
M. Fresnel, ingénieur des ponts et chaussées, avait faites sur la 
théorie des propriétés physiques de la lumière , l'appelaient natu- 
rellement à remplir une tâche de cette importance; il fut désigné par 
M. Aragoet choisi par M. le Directeur général pour faire partie de 
la Commission des phares. Un moyen des plus ingénieux, et qui » 
dans ses mains, est devenu d'une fécondité extraordinaire, lui a 
donné, dès le début, la faculté de surmonter tous les obstacles; 
Au lieu de concentrer les rayons lumineux par réflexion , avec 
des miroirs paraboliques, il imagina de les concentrer par réfrac- 
tion avec de grandes lentilles à échelons. Les difficultés de ia 
construction de ces lentilles avaient jusqu'à présent rendu stérile 
l'invention de l'illustre Buffon, qui, le premier, avait proposé de 
donner cette forme aux verres ardens pour en augmenter la puis- 
sance ; cette heureuse idée était même presque tombée dans 
l'oubli : M. Fresnel n'apprit qu'elle appartenait à Buffon que 



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lorsqu'il annonça à l'académie des sciences qu'il ftvait inventé des 
machines, fait établir un atelier et instruit des ouvriers pour 
construire, dés lentilles à échelons de plusieurs morceaux. Mais 
il apprit en même temps que ce célèbre naturaliste n'avait jamais 
réussi à réaliser son idée, parce qu'il avait voulu faire tailler 
ses lentilles dans une seule, pièce de verre, C'est M. Soleil, 
opticien, qui a construit jusqu'à présent, sous la direction de 
M. Fresnel, toutes les lentilles des feux tournans et les verres 
des feux fixes. 

MM. Arago et Fresnel, réunis, ont porté àun haut degré de per- 
fection ia construction des lampes à flammes concentriques, par 
l'heureuse combinaison de l'idée de Rumford avec l'invention 
ingénieuse de Carcei. Ces lampes présentent un foyer de lu- 
mière supérieur à toxit ce qu'on avait obtenu jusqu'à présent, et 
dont l'intensité comme le volume varient à volonté , en raison 
du nombre de mèches qu'on emploie. Cette accumulation de 
lumière dans un seul foyer, était nécessaire pour donner aux 
appareils dioptriques de M. Fresnel tout l'éclat dont ils pouvaient 
être susceptibles. Ceux-ci ont, à leur tour, prodigieusement accru 
l'intensité delà lumière placée à leur centre, puisqu'une lentille 
à échelons de o m ,y<j en carré, illuminée par une lampe à 
quatre mèches , équivalant à vingt-deux becs d'Argand , produit 
dans la direction de son axe le même ettet que quatre mille becs 
d'Argand réunis. Les appareils lenticulaires ont, en outre, sur 
les miroirs paraboliques, l'avantage de se prêter, ainsi qu'on le 
Verra bientôt, à des combinaisons qui permettent de varier les 
apparences des phares , autant que l'exigent les besoins de la 
navigation. L'air, de la mer n'en -attaque pas le poli ; il suffit 
de les épousseter et de les nettoyer de temps en temps pour qu'ils 
conservent leur transparence et présentent toujours le même éclat; 

C'est aux recherches .de ces deux savans distingués que la 



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Commission doit les moyens d'éclairage les plus complets et les 
plus satisfaisans dont on ait fait usage jusqu'à présent. Le succès 
a passé les premières espérances, tant à i'égard de la variété des 
feux que par rapport à leur intensité ; et la. Commission n'a 
plus eu qu'à choisir, entre plusieurs combinaisons également 
ingénieuses, celles qui lui ont paru les plus propres à remplir 
l'objet qu'elle devait se proposer. 

En faisant tourner autour d'un grand foyer de lumière, et 
avec une vitesse uniforme, huit on seize demi-lentilles symétrique- 
ment arrangées, on a produit alternativement des éclats et des 
éclipses qui se répètent de minute en minute , ou bien de demi- 
minute en demi-minute. De même, en ramenant à la- ligne 
horizontale, au moyen d'un appareil taillé dans les mêmes pîan- 
' cïpes , Jes rayons qui passent au - dessus et au - dessous de 
cette ligne, on a produit des feux fixes, c'est-à-dire, des feux 
qui n'éprouvent aucune intermittence , et présentent à-la-fois , 
dans toutes les directions , une lumière uniforme et d'une intensité 
soutenue. C'est à ces derniers, qu'on ne peut obtenir avec des 
réflecteurs, qu'est dû le caractère distinctif le plus tranché et 
le moyen de différencier les feux ie plus à l'abri des objec- 
tions. II est facile de. pressentir que l'appareil .lenticulaire est 
susceptible d'un bien plus grand nombre de modifications diffé- 
rentes; mais celles dont on vient de parler sont les principales ; 
et celles que la Commission a adoptées dans le système général. 
La multiplicité des besoins a cependant mis dans ia nécessité 
d'employer encore une autre modification qui tient à l'application 
d'un appareil'mobile à un feu fixe, pour produire des éclipses 
très -courtes après de longs intervalles de lumière uniforme; 
elle n'est. mise en usage qu'à i'égàrd des phares de second et de 
troisième ordre : il en sera question plus, bas , dans la description 
de chaque espèce de feu. 

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Mais avant d'entrer dans les détails de la description et de 
l'emplacement de chacun des phares et autres feux en parti- 
culier, il convient de faire connaître l'intensité et par consé- 
quent la portée de chacune des masses de lumière que l'on 
propose de produire, ainsi que les divers moyens qui servent 
à différencier leurs apparences. Ces premiers élémens sont indis- 
pensables pour que l'on puisse juger si les phares doivent être 
plus ou moins éloignés les uns des autres , si la place qui leur 
a été assignée dans le système général , remplit toutes les con- 
ditions nécessaires et est exempte d'înconvéniens de nature à 
compromettre la sûreté des vaisseaux. 

On doit se rappeler que les besoins de la navigation exigent 
qu'il existe trois espèces de phares , désignés par les dénomi- 
nations de phares du premier, du second et du troisième ordre, . 
dont les degrés d'intensité et la portée vont en diminuant, 
depuis le phare du premier ordre , qui est le plus éclatant p 
jusqu'au troisième ordre , dont la lumière s'étend à la moindre 
distance. Enfin , on est obligé d'employer des feux beaucoup- 
moins intenses que ceux-ci et d'un entretien beaucoup moins 
dispendieux, pour marquer l'entrée de tous les ports, même de 
ceux qui ne sont fréquentés que par de très-petits bateaux. La 
description de ces quatre espèces de feux va être donnée sépa- 
rément, et l'on fera connaître en détail les moyens que la Com- 
mission a adoptés, tant pour les produire que pour différencier 
entre eux les phares d'un même ordre. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Tous les phares du premier ordre doivent être éclairés par" 
une lampe à pompe et à quatre mèches concentriques. 

Ces lampes brûleront une livre et demie d'huile par heure ou 
six mille livres par- an. 



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• - - 



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"( ) 

L'appareil lenticulaire aura près de deux mètres de diamètre 
intérieur. 

Moyens de diversifier l'apparence. 

i.° Huit lentilles d'égales grandeurs, formant un prisme Ffu tour 
vertical régulier, seront placées de manière que le centre de la hn,c lentiil< 
lumière ou de la lampe se trouve à leur foyer commun. Ces huit 
lentilles , à l'aide d'une machine de rotation , tourneront autour 
de la lampe avec une vitesse propre à leur faire parcourir la cir- 
conférence entière en huit minutes ; de sorte que les rayons 
lumineux rassemblés par chaque lentille se dirigeront , de minute ^ 
en minute, sur un même observateur. Des expériences répétées 
ont fait connaître qu'à la distance moyenne de six lieues ma- 
rines , la durée des apparitions de la lumière serait de vingt 
secondes et qu'elle serait suivie d'une éclipse de quarante se- 
condes. Si l'on était plus éloigné du phare, les apparitions seraient 
un peu plus courtes et les éclipses de la même quantité plus 
longues. Ce serait le contraire , si l'on s'en rapprochait ; cepen- - 
dant, sans que la durée des éclats reçût une augmentation très- 
considérable. Lorsqu'on en sera à une petite distance , on ne 
perdra jamais de vue la lumière réfléchie par un appareil subsi- 
diaire dont l'objet est de ramener vers l'horizon les rayons qui 
passent au-dessous des lentilles : cette lumière fixe , beaucoup 
moins brillante que les éclats , n'ôte pas au phare le caractère 
de feu tournant, comme on s'en est assuré à Cordouan. 

Ce phare tournant , composé de huit lentilles , est celui qui 
a le plus d'intensité et porte le plus loin. On estime que sa lu- 
mière , à l'instant de son maximum, équivaut à celle de quatre 
miile becs d'Argand. Elle est précédée et suivie par une lumière 
moins forte qui diminue graduellement de part et d'autre du 
maximum , mais beaucoup plus vite dans la seconde partie de 



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( '4 ) 

l'éclat que dans la première. Ces éclats pourront être aperçus jus- 
qu'à onze ou douze lieues marines, dans les -temps ordinaires; 
mais à une aussi grande distance, on ne verra que la partie la plus 
brillante de l'éclat , dont l'apparition ne durera guère que quatre 
à cinq secondes. 
!l 2. Les lentilles du feu tournant à seize demi-lentilles, forment, 
comme dans Je. phare précédent, bu prisme régulier. La lampe à 
quatre mèches est au foyer commun de ces lentilles; elles achèvent 
leur tour également en huit minutes : il en résulte cette diffé- 
rence que les éclats, au lieu de" paraître de minute en minute, 
sont deux fois plus fréquens et se succèdent de demi - minute 
en demi - minute. Ils ne seront pas tout-à-fait si longs : on 
estime cependant qu'à la distance de six lieues, ieur diirée sera 
encore de quinze secondes ; en sorte qu'à cette distance , le 
temps de l'apparition de la lumière sera égal à celui des éclipses. 
Ce phare, comme le précédent, peut être muni d'un appareil 
subsidiaire, qui réfléchit les rayons plongeans : dès-lors on ne 
le perdra plus de vue à deux ou trois lieues de distance; mais 
on distinguera aisément de la petite lumière fixe , les éclats 
beaucoup plus brilians produits par les lentilles. 

Ces demi-lentilles ont la même hauteur que les lentilles de 
l'appareil précédent, et la moitiémoins de largeur; leur surface est, 
par conséquent, réduite de moitié : cependant, comme dans celles- 
ci l'on n'a employé que la partie la plus utile, des lentilles en- 
tières , qui est le milieu , la lumière qu'elles produisent n'est 
pas diminuée dans la même proportion. On estime qu'elle équi- 
vaut encore à celle de deux mille quatre cents becs d'Argand , à 
l'instant du maximum , et que , dans les temps ordinaires , 
elle pourra être aperçue à neuf lieues de distance. 

3. L'appareil des feux fixés, comme celui des feux tournans, 
enveloppe presque en entier la lampe à quatre mèches. Les lentilles 



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( >5 ) 
et les miroirs qui composent cette enveloppe, sont taillés et disposes 
de manière à ramener vers l'horizon tous les rayons de lumière 
qui s'élèvent au-dessus , ainsi que ceux qui s'abaissent au-dessous,' 
sans altérer d'ailleurs leur divergence dans ce pian horizontal ; 
en sorte que le phare éclaire tout le tour de l'horizon et offre 
l'aspect d'un feu fixe dans toutes les directions. 

Ces feux fixes sont ceux qui ont le moins d'intensité. Leur 
lumière peut être évaluée d'avance à quatre cents becs d'Argand , 
et leur portée à sept ou fruit lieues dans les circonstances or- 
dinaires. 

Si cette portée ne diffère que de quatre lieues de celle des 
grandes lentilles, dont la lumière^dans le. maximum a dix fois 

■ plus de force, il faut l'attribuer à ce que le plus grand éclat 
des lentilles ne frappe la. vue qu'un seul instant, et produit dans 
l'œil une sensation trop fugitive pour que son effet soit propor- 
tionné à l'intensité de la lumière.' 

Le temps de la révolution des phares tournans a été jusqu'à 
présent supposé de huit minutes.: il est h. remarquer qu'il ne 
serait pas possible de faire varier beaucoup la durée, de la révo- 
lution des phares à huit lentilles ; car si l'on accélérait le mouve- 
ment , les éclats de lumière deviendraient trop courts , et si on 
le ralentissait beaucoup , les éclipses seraient trop longues, 

La durée des révolutions des phares composés de seize demi- 

■ lentilles , est susceptible de variations plus grandes , à cause de 
la fréquence des éclats : néanmoins il y aurait , comme dans les 
phares précédens et par les mêmes raisons , de l'inconvénient à 
diminuer cette durée et à accélérer la vitesse; mais ji serait 
passible <le ralentir le mouvement et de porter le temps, de 
chaque révolution jusqu'à seize minutes : alors cette seconde 
espèce de phare offrirait presqu-e la^ même apparence qu'un 
phare à huit grandes lentilles ; .seulement les éclats seraient plus 



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longs , les éclipses plus courtes , et l'intensité de la lumière serait 

moins grande. Ainsi , îïs auraient , sur lés phares composés de 
huit lentilles , un genre de supériorité auquel ies marins attachent 
beaucoup d'importance , celui de la durée des éclats ; mais l'in- 
tensité serait diminuée à-peu-près dans la même proportion , et 
la portée serait réduite de onze on douze lieues à neuf. 

On ne peut pas terminer ce qu'il y avait à dire sur les phares du 
premier ordre , sans parier des avantages que l'on obtiendrait en 
ies éclairant avec du gaz d'huile. Le volume de l'objet éclai- 
rant pourrait être augmenté, et l'on parviendrait ainsi à aug- 
menter la durée des éclats de lumière , ce qui diminuerait d'autant 
celle des éclipses. Cette amélioration pourra être adoptée par 
la suite, sans rien changer au système général :. la seule diffé- 
rence qui en résultera, est que les éclats de tous les phares tour- 
nans seront plus longs et les éclipses plus courtes ; mais les marins 
doivent être prévenus que ie caractère invariable de chaque es- 
pèce de feux tournans est l'intervalle qui s'écoule depuis ia fin 
d'un éclat jusqu'à la fin de l'éclat suivant , et non pas ia durée 
absolue des éclats ou des éclipses , qui change selon.ia distance 
ou l'état de l'atmosphère. Quant aux feux fixes , l'emploi du gaz 
augmentera ieur intensité ; c'est ia seule amélioration dont ils 
soient susceptibles , et il ne faut pas ia négliger, car ce sont les 
moins puissans. 

PHARES DU SECOND ORDRE. 

Tous les phares du second ordre doivent être éclairés par une 
iampe à pompe et à trois mèches concentriques. 

Ils consomment 45° grammes d'huile par heure-, et par con- 
séquent 1800 kilogrammes ou 3,600 livres par an. 

L'appareil lenticulaire aura 1 mètre 4° centimètres de dia- 
mètre intérieur. 



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Les phares du second ordre sont construits d'après les mêmes 
principes que ceux du premier ; mais la masse de lumière qui 
ïes éclaire est moins forte , et les dimensions des lentilles et de 
l'appareil sont moins grandes. Le nombre de ces phares , employé 
dans le système général , n'est que de cinq. 

Ces appareils sont siisceptibles de combinaisons aussi variées 
que les feux du premier ordre ; mais ils sont en si petit nombre , 
qu'il a été inutile d'avoir recours à tontes les différentes appa- 
rences employées pour diversifier les grands feux. La Commission 
n'a admis dans le second ordre que des feux tournans à seize 
demï-îentilles ; ce sont ceux du cap Carteret, de la pointe Saint- 
Mathieu et du four de Guérande. Quant ati feu fixe de l'île de 
Sein, elle a jugé convenable de le modifier par de courtes éclipses.- 
Ii a suffi , pour donner ce caractère particulier à un feu ûxe , de 
faire tourner autour un appareil portant trois petites lentilles 
cylindriques équîdistantes. Elles seront semblables à celles du 
phare à feu fixe , mais auront leur courbure dirigée dans le sens 
horizontal, au iïeu d'être courbes dans le sens vertical, comme 
celles-ci; en sorte qu'en passant devant les lentilles du feu fixe, 
elles produiront chacune, par leur superposition, un effet sem- 
blable à celui des lentilles sphériques ou annulaires, c'est-à-dire 
qu'elles diminueront la divergence des rayons dans le sens ho- 
rizontal , et les rassembleront en un cône lumineux qui donnera 
îa sensation d'un petit éclat quand il passera par l'œil de l'ob- 
servateur : mais il est évident que cet accroissement de lumière 
dans une direction , ne pourra avoir lieu qu'aux dépens de celle 
qui éclairerait les directions voisines , et qu'ainsi chaque éclat 
sera précédé ou suivi d'une petite éclipse. Le phare du Pilier 
présentera ces mêmes apparences. 

L'expérience a montré à la Commission que ce sont princi- 
palement ces courtes éclipses, et non les éclats, qui feront dis- 

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( '8 ) 
tinguer ces feux des autres feux fixes; c'est pourquoi elle les a 
nommés feux à courtes éclipses. Ils ne pourront être confondus 
avec les feux tournans ordinaires , dans lesquels la lumière est bien 
moins long-temps visible comparativement à la duréedes éclipses. 
En effet, si l'on fait faire au système des trois lentilles mobiles 
sa révolution entière en douze minutes, chaque petit éclat aura 
une durée de quinze secondes environ, et sera précédé et suivi 
d'une éclipse de vingt-cinq secondes seulement ; après quoi le feu 
restera fixe pendant deux minutes cinquante - cinq secondes, 
c'est-à-dire, près de trois minutes. Ces effets seront répétés trois 
fois à chaque révolution, puisqu'il y a trois lentilles mobiles, et 
se succéderont de la même manière dans toutes les révolutions 
suivantes. 

La portée moyenne des phares à feu fixe du second ordre sera 
de six lieues ou six lieues et demie; celle des feux tournans, 
composés de seize demi-ientiiles, sera probablement plus forte 
d'une lieue, c'est-à-dire, égale à sept lieues ou sept lieues et 
demie. 

PHAHES DU TROISIÈME ORDRE. 

Les phares du troisième ordre seront éclairés par une ïampe'à 
pompe et à deux mèches concentriques. 

La consommation d'huile sera de i po grammes par heure, et 
partant de 760 kilogrammes ou 1 520 livres par an. 

L'appareil lenticulaire pourra avoir 5 o centimètres de diamètre 
intérieur, ou 1 mètre, selon les besoins de la navigation. 

La seconde dimension a l'avantage de doubler presque l'effet 
produit , sans rien ajouter à la consommation d'huile et aux frais 
d'entretien; elle occasionnerait seulement une augmentation de 
6,000 ou 7,000 francs dans la dépense première de l'acquisition 
de l'appareil et de la lanterne. Les appareils d'un mètre de 



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( i? ) 

ïargeur seront employés toutes les fois que Ion croira devoir 
augmenter la portée d'un phare du troisième ordre, sans qu'il 
soit nécessaire d'atteindre à celle d'un phare du second. 

Les phares du troisième ordre, comme ceux du second, seraient 
susceptibles d'offrir les mêmes apparences que les grands phares , 
au moyen d'appareils semblables, mais plus petits. On a jugé 
superflu d'admettre dans les premiers autant de diversité : ce sont 
tous des feux fixes ou des feux à courtes éclipses. 

Les feux du troisième ordre étant destinés à diriger les bâtimens 
qui naviguent près de- terre et dans des passes plus ou moins 
étroites; il est nécessaire que les navigateurs puissent ies voir 
continuellement, ou du moins qu'ils ne soient exposés à les 
perdre de vue que pendant des instans très-courts. C'est pourquoi 
ia Commission a multiplié les feux fixes du troisième ordre 
autant qu'elle a pu ; elle n'y a substitué des feux à courtes éclipses, 
que dans le cas où les localités obligeaient d'établir des diffé- 
rences entre des feux assez voisins les uns des autres pour occa- 
sionner des méprises. Non-seulement, elle a eu l'attention, en 
fixant son choix, de varier les apparences des feux du troisième 
ordre, mais encore elle a voulu que ces. apparences différassent 
de . celles des phares du premier et du second ordre les plus 
rapprochés. Il est à propos de rappeler à ce sujet que les phares 
du. second ordre sont aussi caractérisés de manière qu'indé- 
pendamment de leur situation particulière, ils ne puissent deioin 
être confondus avec les phares voisins du premier et du troisième 
ordre. 

Les feux fixes du troisième ordre, qui auront un mètre de 
■diamètre, pourront être aperçus, même dans des circonstances 
défavorables, jusqu'à cinq lieues marines de distance. 

Quant. aux phares dont l'appareil n'aura que 50 centimètres 
de diamètre intérieur, leur portée moyenne ne doit être évaluée 

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i *° ) 

qu'à quatre lieues où quatre lieues et demie. Cependant, un 
appareil sembiaMe, récemment établi à Dunkerque, a été vu, 
d'après les récits des navigateurs de ce port, jusqu'à six lieues au 
large; mais les circonstances étaient probablement plus favo- 
rables qu'elles ne le sont ordinairement. 

La lumière des appareils toumans d'un mètre de diamètre 
intérieur et composés de huit lentilles , serait visible jusqu'à la 
distance de six lieues marines. 

FEUX DE PORT. 

Les feux de port consistent en un simple bec d'Argand, 
alimenté par une pompe ou un réservoir ordinaire, et placé au 
centre d'un petit appareil lenticulaire, à feu fixe, ayant 30 centi- 
mètres de diamètre intérieur. Ces fanaux équivaudront à huit ou 
dix becs d'Argand. 

La consommation sera de 40 grammes par heure ou 320 livres 
d'huile par an. 

Cette dernière espèce de feux n'a pas d'autre destination que 
celle d'indiquer l'entrée des ports , ou l'extrémité de jetées derrière 
lesquelles on peut venir se mettre à l'abri. If n'est pas nécessaire 
qu'ils soient vus de très-loin : la portée de deux lieues marines à 
deux lieues et demie, qu'ils auront dans des circonstances peu 
favorables, a paru suffisante. 

On a supposé que tous ces feux seraient fixes. Il eût été inutile 
de les différencier entre eux; car, lorsque les marins fes aperce- 
vront, ils auront déjà reconnu leur position, au moyen des phares, 
voisins du premier, deuxième et troisième ordre, dont la portée 
est bien supérieure, et ils sauront par conséquent à quel port 
appartient le petit feu qu'ils ont en vue. 

C'est pour les feux de cette dernière espèce, placés à f entrée 
des ports de l'Océan et de la Manche , dont les passes sont à sec 



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( ** ) 

ou presque à sec à certaines époques de la marée ( ce qui leur a fait 
donner le nom de ports de marée), que ia Commission devra s'oc- 
cuper des indications qu'il faut adopter pour avertir les bateaux 
et navires qui se présentent à l'entrée du port, qu'ifs peuvent y 
entrer parce qu'il y a assez d'eau dans les passes , ou qu'ils doivent 
se tenir au large en attendant que i'on puisse s'y engager. 

s- m - 

OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR LA DISTRIBUTION 
DES FEUX, 

Lorsque MM. Arago et Fresneï eurent trouvé les moyens 
d'augmenter la puissance des lampes qui doivent éclairer les 
phares, et que M. Fresneï, par la construction et l'assemblage 
des lentilles , fut parvenu à ïeur donner i'écfat et la diversité con- 
venables, la Commission s'assura de leurs portées par des expé- 
riences qui lui firent connaître ia distance à laquelle on pourrait 
apercevoir, dans les temps ordinaires, la lumière des feux de 
chacune des espèces que l'on vient de décrire; et c'est d'après ces 
connaissances acquises, que le système général de la distribution 
des feux sur toute l'étendue des côtes de France a été arrêté ainsi 
qu'il suit. 

Les phares du premier ordre , destinés à être vus de plus loin 
que les autres, et à donner les premières indications sur la route 
qu'il faut tenir pour prolonger les côtes ou aller chercher un 
abri pendant la nuit , sont ceux qui ont fixé d'abord son attention; 
Ce sont , en conséquence , ceux dont on parlera en premier lieu ; il 
sera ensuite question de tous les feux secondaires, situés entre deux: 
phares consécutifs du premier ordre. On n'omettra pas de faire 
connaître leurs apparences , avec fes raisons qui les ont fait choisir; 
ainsi que les divers avantages que la navigation peut en retirer; 



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I! paraît indispensable avant d'entrer en matière, de rassem-r 
bler ici sous -un seul point de vue, les différentes portées des. 
trois diverses espèces de phares du premier ordre, afin de pouvoir 
fixer invariablement quel est le plus grand intervalle que l'on 
puisse mettre de l'un à l'autre. On a vu que les phares du premier 
ordre , à huit lentilles , pouvaient être aperçus â onze ou douze 
lieues ; nous nous en tiendrons à la plus petite de ces évalua- 
tions , et nous supposerons qu'on les voit à onze lieues. La 
lumière des phares à seize lentilles se voit à la distance de neuf 
lieues', et celle 'des feux fixes à sept ou huit lieues; mais nous 
admettrons que ces derniers ne portent qu'à sept lieues. 

Il ne serait pas prudent d'espacer les phares sur- la côte, en 
partant- de la distance, à. laquelle on peut voir ceux de la plus - 
grande portée. Ji faut, au contraire fixer les distances qui doivent 
les séparer, d'après la portée des phares qui se voient de moins 
loin. Ainsi les feux fixes qui portent à sept lieues., sont ceux qui 
ont servi à établir la règle générale de ne pas placer les- phares .dit 
premier ordre à plus de quatorze iieues les uns des autres; du 
moins tant que les -localités ont pu le permettre. On ne s'est 
écarté de cette règle qu'à l'égard, i.° du phare d'Ailly, qui est 
à vingt lieues deux tiers du cap Grisnez.; parce que tout phare 
du premier ordre , placé entre les deux , eût été sans utilité , car 
les grands bâtimeus se tiennent très au large de la côte située entre 
ces deux phares ; 2. p du phare du cap. Erchef , éloigné de vingt- 
une lieues deux tiers .de celui du cap laHagtie. Les îles d'Aurigny ^ 
Jersey et Guernesey se trouvent entre cçs deux phares, et les grands, 
bâtimens passent an iarge.de toutes ces îles;, quant aux petits 
navires, ils fréquentent la passe de la Déroute, et l'on a placé .sur, 
la côte des. feux secondaires d'après lesquels ils pourront se diri- 
ger pendant la nuit ; 3 ,° le phare de Biariîz est à, qiiarante 7 .dcux 
lieues deux, tiers de la. tour de Coruouan; mais toute la côte 



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If3 ) 

depuis la Gironde jusqu'à Baïonne est peu fréquentée, et les 
grands bâtimens n'en approchent jamais : le seul point où l'on 
puisse aborder est le bassin d'Arcachon. Les localités n'ont pas 
permis de mettre entre les phares, des côtes de la Méditerranée, 
tels que ceux du cap Béarn, du fort Brescou et du fort de Saint- 
Genest, situe aux bouches du Rhône, des distances moindres de 
seize lieues à dix-sept lieues deux tiers ; mais l'air est , en général , 
plus transparent sur les côtes de cette mer que sur celles de l'Océan. 
Les feux y conserveront plus souvent leur portée; ainsi les désa- 
vantages du trop grand éloigneraient seront moins sensibles. 
. Les trois espèces de phares du premier ordre sont distribuées 
sur toute l'étendue de la côte , de manière qu'il y ait toujours un 
feu fixe entre deux feux tournans d'espèces différentes; de sorte 
que si , d'un côté, ie phare le plus proche est à huit lentilles-, celui 
qui sera de l'autre côté en aura seize. Les phares à feux fixes qui 
présentent les mêmes apparences de lumière , seront en consé- 
quence séparés par deux distances d ! au moins quatorze lieues 
chacune , ce qui fait en tout vingt-huit lieues. Ainsi, il faudrait 
supposer qu'un vaisseau qui viendrait reconnaître la terre pendant 
ia nuit, eût de vingt-huit à trente lieues d'incertitude sur sa véri- 
table position, pour que l'on pût craindre qu'il prit un de ces 
phares pour un autre. Il faut avouer qu'à la rigueur cette erreur est 
possible; mais elle n'a jamais lieu que dans les cas extraordinaires 
et à la suite de circonstances qui doivent faire présumer de grandes 
erreurs : on pense qu'alors personne ne. sera tenté de venir 
prendre connaissance de terre, pendant la nuit, avant de s'être 
assuré de sa position par les meilleurs moyens en usage. 

Orudoit faire remarquer encore , avant de passer à l'exposition 
du système général, que deux feux fixes ne devant jamais se 
suivre immédiatement, on apercevra toujours le feu dont on se 
rapproche , avant d'avoir perdu de vue celui dont on s'éloigne. 



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(** ) 

En effet, les phares tournans à seize demi-lentilles portent à neuf 
iïeues ; ainsi il faudrait mettre entre un phare à seize lentilles et 
un feu fixe qui porte à sept lieues , exactement seize iieues d'in- 
tervalle , pour que l'on ne vît le feu dont on se rapproche qu'au 
moment où l'on perd de vue celui dont on s'éloigne. Entre un . 
phare à huit lentilles , qui porte à onze lieues , etun feu fixe , il 
faudrait mettre dix-huit lieues d'intervalle pour se trouver dans le 
même cas. Il est inutile de prévenir que les différentes portées de 
la lumière des diverses espèces de phares , étant sujettes à varier 
avec l'état de l'atmosphère , il ne faut pas regarder les quantités 
qu'on vient de donner comme devant être fixes : il faut se rappeler 
qu'elles ont été évaluées plutôt pour un état au-dessous de l'état 
moyen de l'atmosphère qu'au-dessus , et que, dans les temps ordiri 
naîres, où l'on peut se diriger sans risque d'après les feux , leurs 
portées seront plus que suffisantes. La disposition qui place tou- 
jours un feu tournant très-brillant , en avant ou à la suite de l'es- 
pèce de phare qui se voit de moins loin , diminue encore l'incon- 
vénient résultant de la grande distance que l'on a été forcé de 
mettre entre quelques-uns des phares du premier ordre des côtes 
de la Méditerranée, si toutefois elle ne le fait pas entièrement 
disparaître. 

Depuis long-temps, ainsi qu'if a été dit au commencement 
de ce rapport, les besoins de la navigation ont été connus et l'on" 
a cherché à y satisfaire. Plusieurs projets sur les moyens d'éclai- 
rer les côtes ont été proposés, sans qu'on y ait donné aucune- 
suite. Enfin , on se décida à demander à tous les marins des 
diverses parties des côtes de France, des éciaircissemens sur. 
l'établissement de feux propres à diriger avec le plus de sûreté 
les bâtlmens qui les fréquentent et à prévenir les naufrages. Un 
mémoire qui ne porte point de date, mais que l'on peut juger, 
d'après certaines citations qui s'y trouvent, avoir été écrit à 



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(h ) 

une époque comprise entre \j66 et 1778, fait partie des ren- 
seignemens précieux conservés au dépôt général des cartes et 
plans de la marine. Le nom de fauteur est inconnu; mais à 
en juger par la justesse des idées et la clarté des discussions , on 
doit conclure que ce mémoire est de fun des officiers de la ma- 
rine les plus expérimentés et les plus éclairés de son temps. Il 
semble qu'on pourrait l'attribuer à un officier dune très-grande 
réputation , nommé M. de Kéarney , qui est généralement regardé 
comme le chef de l'école qui a produit successivement MM. de 
Kersaïnt et de Traversai , qui, pendant la guerre de 1778, pas- 
saient pour être les plus habiles manœuvriers. Du moins , le grand 
nombre de missions dont cet officier a été chargé pour explorer 
.fies côtes de France, le grand nombre de mémoires que l'on pos- 
sède de lui , qui ressemblent par le style à celui dont il s'agit, et 
qui portent tous l'empreinte d'un esprit et d'un talent supérieurs , 
donnent lieu de le penser. 

C'est dans ie mémoire dont il est question que les premières 
bases du système adopté par la Commission ont été prises. On sent 
que les contours des côtes et les localités étant restés les mêmes , on 
n'a pas dû établir les phares du premier ordre dans d'autres lieux que 
ceux qui avaient éLé désignés dans ce mémoire; seulement, comme 
nous possédons à présent des moyens suffisans de varier l'apparence 
des feux , il a été possible d'en établir quelques-uns dans les lieux 
où la crainte de causer de la confusion avait empêché fauteur 
d'en placer, et de céder aux demandes quelquefois assez ins- 
tantes des marins de certaines parties de la côte. On petit , à plus 
forte raison, en dire autant des feux secondaires, qui pourront, 
sans inconvénient, être beaucoup plus multipliés dans le nouveau 
système , que dans celui du mémoire qui vient d'être cité. 

Les dépenses considérables qu'il aurait fallu faire pour mettre 
l'ancien système à exécution , ont sans doute été cause qu'on ne lui 



-imjsmmMMJVÉ.JMm£^mk&màaimv.mmm-A" 






(16) 

a,- dans le temps, donné aucune suite. En effet, on ne pouvait 
alors produire que des feux fixes composés de simples réverbères ,■ 
alimentés avec de l'huile; et, lorsqu'on voulait leur donner 
plus, d'éclat, on brûlait du bois et du charbon de terre dans des 
foyers très-élevés. Le seul moyen de diversifier l'apparence des 
phares, était de placer dans certains lieux un seul foyer, et dans 
d'autres deux; par conséquent, on était forcé alors de construire 
deux tours , comme au cap la Hève. Lorsque les phares étaient 
trop rapprochés , on proposait jusqu'à la construction de trois 
tours. Nous, au contraire, il nous a été possible de satisfaire à 
tous les besoins , sentis il y a plus de cinquante ans , au moyen 
des trois diverses apparences que nous pouvons , sans augmenter 
ies dépenses , donner à volonté à tous les phares. 

C'est ce nouveau moyen d'augmenter et dediversifier la lumière , 
qui nous a permis de satisfaire à tous les besoins connus de la 
navigation, et nous fait espérer de pouvoir satisfaire également, 
par ia suite, à ceux que l'on n'a pu prévoir. 

S. IV. 

DISTRIBUTION DES FEUX SUR LES CÔTES 
DE FRANCE, 



COTES DE LA MANCHE ET DE L'OCÉAN. 



PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le phare du premier ordre le plus septentrional est celui de 
Calais. 

Feu tournant à seize démi-lentilles. 

Portée , neuf iieues. 
. .Un. feu tournant a été établi à Calais, plusieurs années avant 



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f *7-') 

que le système général eût été arrêté. Sa destination est de 
favoriser, pendant la nuit, la communication si fréquente qui 
a lieu , -dans cette partie , entre les côtes de France et celles d'An- 
gleterre. Il est écïairépar six lampes d'Argand, piacées aux foyers 
de six grands miroirs paraboliques, et est à révolution. Lorsqu'on 
jugera à propos de changer l'appareil actuel, on le remplacera 
par un appareil lenticulaire tel que celui qui vient d'être indiqué. 



PHARES SECONDAIRES SITUÉS AU NORD 
DE CALAIS. 

Dunkerque : un feu fixe du troisième ordre est établi sur la tour 
de l'Heuguenar à Dunkerque. Dans le système actuel, il sera à 
courtes éclipses. 

Ce feu doit indiquer aux bateaux pêcheurs qui , à certaines 
époques de la marée , peuvent traverser les bancs situés au large de 
ia rade de Dunkerque , la route qu'ils doivent suivre pour venir 
chercher l'entrée du port. 

L'appareil aura un mètre de diamètre intérieur. 

La portée de. 5 lieues est à-peu-près égale à la distance à 
laquelle les bancs de la rade s'étendent au large. Ce feu ne doit 
pas être vu par les grands bâtimens , qui, pour éviter les bancs, 
se tiennent à une grande distance de la côte. 

Gravelines: un feu fixe de 50 centimètres de diamètre intérieur. 1 

Ce feu indiquera ie point de la côte dont on peut s'approcher 
pour venir chercher l'entrée de ia rade de Dunkerque. 

Le feu de Dunkerque n'est qu'à environ sept lieues du phare de 
Calais ; celui de Gravelines se trouve au milieu de la distance : 
par conséquent, ces trois feux seront très-r approchés les uns des 
autres ; maïs comme ifs auront tous des apparences différentes, if 
sera impossible de les confondre et de prendre l'un "pour l'autre.- 

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( ^ ) 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

'Calais : feu tournant à seize demi-Ientiiles, 

Gris/le^; feu fixe; 

La distance qui sépare ces deux phares n'est que de quatre 
lieues; cependant la Commission n'a pas cru pouvoir se dispenser 
d'établir, au cap Grïsuez, un phare du premier ordre, parce que 
c'est à ce cap que la côte fait le coude, et forme l'entrée du 
pas de Calais : en partant de ce point, les bâtimens qui, en 
remontant vers ie nord, ont été obligés de se tenir au large pour 
éviter les bancs de la Somme, doivent s'en écarter de nouveau 
pour se garantir des bancs de Flandres. Ce même phare fera 
connaître fa sortie du détroit à ceux qui vont au sud et entrent 
dans la Manche. 

PHARES SECONDAIRES SITUÉS ENTRE CALAIS 
ET GRISNEZ. 

La distance de ces deux phares est si petite, qu'il n'y a entre 
eux aucun feu secondaire ; d'ailleurs, il ne s'y trouve ni port ni 
lieu d'abri. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Grisnei : feu fixe. 

'Ailfy : phare tournant à huit lentilles. 

La distance de l'un à l'autre est de vingt lieues deux tiers, et 
surpasse de deux lieues les portées de ces deux phares ajoutées 
ensemble; mais des bancs qui commencent à Ambleteuse et.se 
prolongent le long de la côte en s'étendant jusqu'à six lieues au 
large, empêchent de venir près de terre dans tout cet espace. Le 
premier point dont on puisse avoir intérêt de s'approcher est 
celui où se trouve Je phare d'Ailly. C'est par cette raison qu'on y 



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( *> ■ ) 

a placé un phare du premier ordre. II servira aussi de point de 
reconnaissance aux bâtimens qui voudront, en quittant les eûtes 
de France, passer à l'ouest des bancs de la Somme. 

PHARES SECONDAIRES SITUÉS ENTRE GRISNEZ 
ET AILLY. 

On trouve du côté d'Ailiy , et à une petite distance, le port de 
Dieppe, très -fréquenté, et celui de Cayeux, d'une moindre 
importance. On a entretenu, depuis long-temps, des feux à leur 
entrée ; la Commission propose de les conserver, en les modifiant 
d'après le nouveau système adopté. - 

Cnyeux : feu du troisième ordre à courtes éclipses. 

II sert de guide aux bâtimens qui entrent dans la rivière de 
Somme. II faudra décider si l'appareil sera de grande ou de 
petite dimension. Le fanal ne contenait autrefois que cinq 
lampes ordinaires à réverbère. II sera sans doute utile de consulter 
les chambres de commerce et les marins de la Somme ou de Saint- 
Yaléry, sur l'emplacement et l'éclat le plus avantageux à donner à 
ce feu, qui néanmoins devra toujours être un feu du troisième ordre/ 
à courtes éclipses. II ne s'agira plus que de fixer les dimensions de 
l'appareil lenticulaire. 

Dieppe ; feu fixe. 

II y a depuis long-temps à Dieppe un appareil à feu tournant 
composé de miroirs paraboliques. Un feu de port suffirait , à la 
rigueur, pour marquer l'entrée du port; maïs comme la côte est 
saine depxris Ailly jusqu'à Cayeux, on croit qu'en plaçant à Dieppe 
un feu fixe du troisième ordre et un autre feu à courtes éclipses à 
Cayeux , on facilitera la navigation des bâtimens qui sont obligés 
de prolonger, pendant la nuit,;Ia côte située au nord d'Aiilyy 
pour se rendre dans la Somme ou dans les autres ports' situés 
plus au nord. 



MËMMJUMMLUlJmk ^-M^I^VIi» 



( 3° ) 

Dieppe est un poi't dans lequel on ne peut pas" entrer à toutes 
les époques de la marée. L'usage actuel est de ne tenir le feu 
allumé que pendant le temps où il y a assez d'eau dans la passe 
pour les pêcheurs. Il semble que, d'après la destination qu'on veut 
lui donner dans le système général , qui est de servir aux caboteurs 
allant d'Ailly à l'embouchure de la Somme, il faudrait le con- 
server allumé d'un soleil à l'autre. Alors , pour avertir les pêcheurs 
qu'il n'y a pas assez d'eau dans le port, on pourrait prendre le 
parti de le masquer dans la direction de la passe, si les localités 
le permettent. Le feu serait démasqué du moment où les pêcheurs 
pourraient entrer dans le port. Il serait aussi possible de le rendre 
à éclipses , dans le même intervalle de temps , en faisant tourner . 
des écrans autour de ce feu , à l'aide d'une machine à révolution. 
La Commission déterminera son choix d'après l'avis des marins 
de Dieppe. 

Elle aura aussi à s'occuper des modifications dont les feux de 
ports sont susceptibles, pour faire connaître -aux bâtîmens qui se 
présentent à l'entrée d'un port de marée, la quantité d'eau qu'il 



• a dans la 



passe. 



. Des feux de ports seront placés à l'entrée des ports de Boulogne, 
Étapies , et à l'embouchure de l'Authie; et l'on se conformera, 
dans tous ces lieux , à ce qui aura été décidé relativement aux indi- 
cations dont on vient de parler. 



PHARES DU PREMIER ORDRE. 

r A'tUy : feu tournant à huit lentilles. 

Cap â'Antïfer : feu fixe. 

La distance de l'un à l'autre est de onze, lieues/ 

Aucun .phare n'avait été placé jusqu'à présent sur le cap 
d'Antifer; mais la Commission ayant remarqué que la, ccfte 
forme à ce .point un coude qui ne permet de voir les feux du cap 



*MM?^SUUBW.<fmaM^Bf" 



(p. y 

la Hève que lorsqu'on est à une grande distance du phare 
d'Ailîy, a cru devoir proposer l'établissement d'un phare du pre- 
mier ordre à cet endroit. Son intention est, d'une part, que ies 
bâtimens qui prolongent la côte ne soient jamais exposés à perdre 
de vue la lumière du phare dont ils s'éloignent, avant d'avoir 
aperçu celle du phare dont iis se rapprochent, lorsqu'ils naviguent 
dans ces parages; et, d'une autre part, d'épargner à ceux qui 
veulent aller directement prendre connaissance du phare de Bar- 
fleur, le détour qu'ils seraient obligés de faire, s'ils étaient loin de 
terre , pour aller reconnaître les feux du cap la Hève , qui sont 
fixes et de la plus petite portée parmi les feux du premier ordre. 

FEUX SECONDAIRES. SITUÉS ENTRE AILLV 
ET ANTIFER. 

L'entrée des ports de Saint - Valéry en Caux et de Fécamp 
sera marquée, pendant la nuit, par un feu de port; et ce feu 
pourra ne pas rester allumé, tant qu'il n'y aura pas assez d'eau 
dans ies passes pour les pêcheurs, ou bien on lui fera subir des 
modifications qui seront par la suite déterminées. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Cap d'Antifer / feu fixe. 

Cap la Hève : deux tours portant chacune un feu fixe. 

Les tours sont situées Tune par rapport à l'autre au N. ip° 50'E. 
'et au S. ip° jo'O. du monde; elles sont séparées par une distance 
de 50 toises. 

La distance du cap d'Antifer aux tours de la Hève n'est que 
de quatre lieues. 

La lumière des feux que l'on allume à présent sur ces deux tours ; 
est produite par des lampes d'Argand avec des miroirs para-r 
boliques. La Commission propose d'y substituer des feux fixes 



"^•- " — 



a^^A 



P-MIHL> i-JIaVWI-aWL 



( 3* ) 
lenticulaires. La présence de deux feux fixes , sur le cap la Hève , 
empêchera toujours de confondre ce cap avec celui d'Antifer, qui 
n'en présentera qu'un seul. 

FEUX SECONDAIRES SITUÉS ENTRE LES CAPS 
LA HÈVE ET ANTIFER. 

La côte est saine dans tout cet espace , et n'offre ni port 
ni abri. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Cap la Hève: deux tours portant chacune un feu fixe. 

Cap Barfleur: un feu tournant à seize demi-len tilles. 

La distance de ces deux caps est de dix-sept lieues un tiers ; la 
portée des feux n'est que de seize lieues : on perdra donc de vue 
Jes deux phares dans les temps ordinaires , et , à plus forte raison , 
si l'on se rend en ligne directe du cap d'Antifer au cap Barfleur,' 
qui en est à dix- neuf lîeues. Le golfe assez profond que la côte 
forme entre ces deux caps, et dans lequel on ne s'enfonce jamais 
sans nécessité, a empêché de remédier à cet inconvénient, et de 
se conformer au principe adopté dans le système général , qui est 
de ne jamais mettre plus de quatorze lieues entre deux phares 
consécutifs. Il y a d'autant moins de danger à perdre la lumière 
de vue , en se rendant de i un de ces phares à l'autre , que , dans ce 
cas, on sera à-peu-près au milieu de l'ouverture du golfe, et 
au moins à sept lieues de toutes les terres. 

FEUX SECONDAIRES SITUÉS ENTRE LA HÈVE 
ET BARFLEUR. 

Deux fanaux, composés chacun de deux réverbères sidéraux, 
sont établis à HonfTeur, sur deux petites 'toufs, pour indiquer 
l'emplacement de ce port et l'alignement du chenal. On substi- 



sL-iiiuaK'.j jjUAi&jdiiimiL&JBimxMMbmJMW'mjULi.:. -.■'.' ■ 



l 33 J 

tuera au premier un feu fixe du troisième ordre. Les bâtîmens qui 
se trouveront à l'embouchure de la Seine, verront, du côte' du 
nord , les deux grands feux fixes du cap la Hève, et, du côté du 
sud, le feu dû troisième ordre à courtes éclipses de l'embouchure 
de l'Orne; celui de Honfleur, qui sera fixe, paraîtra entre eux, 
et ne pourra être pris ni pour les uns ni pour l'autre. 

Un feu à courtes éclipses du troisième ordre sera placé à l'em- 
bouchure de l'Orne ou de la rivière de Caen. L'embouchure de 
cette rivière est fermée par des bancs qui découvrent de basse- 
mer, et qui sont traversés par un grand nombre de petits filets 
d'eau. Lorsque la mer a acquis assez de hauteur pour rendre les 
passes praticables , elles sont encore fort difficiles ; d'ailleurs elles 
changent très-fréquemment. Il faudra décider si le phare ne 
devrait pas plutôt être placé pour indiquer le mouillage de la 
fosse de Coileville , qui est bon, et où l'on peut attendre que ia 
marée permette d'entrer dans ia rivière. 

■ -Des feux de port suffiront pour Ses entrées des ports du' Havre -, 
de Honfleur et de la Hougue. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Cap Bnrfièur ■' feu tournant à seize demi-lentilles. 

Cap La Hague: feu fixe. 

La distance de ces deux phares n'est que de huit lieues deux 
tiers. 

Il étairindispensable , maigre la proximité de ces deux caps , 
d'établir un feu sur le cap la Hague, parce que c'est à cet endroit 
que la côte tourne presque subitement et forme l'entrée du ras 
. Blanchard, qui mène au passage de ia Déroute, lequel est très- 
fréquenté par les caboteurs qui , venant du nord , vont à Gran ville 
et à Saint-Malo: Son emplacement devra être tel , que ia lumière 
puisse être vue également bien par les bâtimens qui vont du cap 

E 



mnmhwiMLum- V %L<\\^A 



( 34 ) 
Barfleur au cap ïaHague, et par ceux qui se trouvent dans Ee 
ras Blanchard et le passage de ia Déroute. 

Les grands bâtïmens passent toujours au iarge des îles d'Au- 
rigny et de Guernesey : ceux-ci, après avoir dépassé le phare du 
cap la Hague, iront prendre connaissance des feux des Casquets, 
qui présentent trois points lumineux placés en triangle ; et , après 
les avoir doublés, ils pourront, selon leur destination, revenir 
vers ie sud , pour aller chercher les côtes nord de ia Bretagne , où 
iis trouveront des phares placés de distance en distance , et d'après 
lesquels iis pourront se diriger pendant la nuit. 

PHARES SECONDAIRES SITUÉS ENTRE LES CAPS 
DE BARFLEUR ET LA HAGUE. 

Des feux de ports seront placés sur les Jetées , pour marquer les 
passes de la rade de Cherbourg, et à l'entrée du port. L'emplace- 
ment de ces feux a été décidé au ministère de la marine; c'est cette 
administration qui est chargée de leur entretien. On pourrait lui 
proposer de substituer des feux de ports , conformes au système 
actuel, à ceux q\ii existent présentement. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le cap h Hague ; un feu fixe. 

Le cap Fréhel : un feu tournant à seize demidentilles; 

La distance du cap ia Hague au cap Fréhel est de vingt-une lieues 
deux tiers , et dépasse de beaucoup la portée des deux phares ; 
mais , ainsi qu'on le verra bientôt, on n'ira jamais de l'un de ces 
feux directement à l'autre, sans avoir eu connaissance des phares 
secondaires placés dans l'intervalle. 

Le feu du cap Fréhel sert principalement aux bâtimens qui , 
venant de l'ouest , vont à Saint-Malo ou à Granville. Il y a présen- 
tement un feu tournant composé de huit grands réflecteurs à 



Mwtii: . JJidÂ^-MMSIAWJU!ilA.ë^fSTS^ 



(35) 

double parabole , illuminés chacun par deux lampes d'Argand ; 
on leur substituera l'appareil lenticulaire indiqué ci- dessus, 
quand on le jugera convenable. 

PHARES SECONDAIRES ENTRE LES CAPS 
LA HAGUE ET FRÉHEL. 

Le cnp Carteret : feu tournant du second ordre à seize demi- 
ïentilles. 

Granville: feu fixe du troisième ordre, d'un mètre de diamètre. 

La distance du cap la Hague au cap Carteret est de sept lieues , 
et les portées réunies des phares font environ douze lieues. 

Du cap Carteret à Granville, il y a onze lieues , c'est-à-dire que 
la somme des portées moyennes de ces deux feux sera égale à leur 
distance. 

Les navires qui se trouveront , pendant la nuit , entre la côte et 
les îiesd'Aurîgny, Jersey ou Guernesey, verront donc toujours , à 
moins de circonstances défavorables, un des feux établis au cap 
la Hague , au cap Carteret et à Granville. Ils auront ainsi les 
moyens de se conduire avec sécurité dans le canal de la Déroute, 
dont la navigation est très-difficile. 

Les feux de Granville et du cap Fréhel sont à dix lieues l'un 
de l'autre, distance qui est de trois lieues moins grande que la 
portée totale des feux ; ainsi , les navires qui iront à Granville , en 
venant de l'ouest , et ceux qui quitteront ce port pour aller au large , 
ne perdront jamais de vue l'un de ces feux. Il en est de même de 
ceux qui iront à Saint-Malo ou en partiront; mais ceux-ci auront 
encore , pour marquer le lieu où ils doivent mouiller, un feu du 
troisième ordre , à courtes éclipses , placé sur une des îles de la 
rade. Le même feu ne sera pas sans utilité pour les bàtimens qui 
passeront devant -Saint-Malo, en allant à Granville, ou qui partiront 



M mJMMMJNUUki.Jm>l-.A> ^•-■■!lr~J** 



JOT»-*- r 



(. 3<f )' 
de ce dernier port. "On placera aussi un feu de port au point le 
plus saillant de l'entrée du port de Saint-Malo. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le cap Fréheî: feu tournant à seize demi-lentilles. 

Bréhat ; feu fixe. 

Ces deux phares sont éloignés l'un de l'autre de neuf lieues 
deux tiers, distance de six lieues environ plus faible que la somme 
des portées de leurs lumières, 

Le phare de Bréhat est situé convenablement, quant à sa dis- 
tance , par rapport à celui du cap Fréheî; il en est de même de sa 
situation à l'égard du phare de i'île de Bas : mais il a , sous d'autres 
rapports, des désavantages dont il est nécessaire de parler. 

Une chaîne de roches, terminée par un écueil nommé Rocar- 
bef , s'étend à près de trois lieues au large de la pointe où ie phare 
peut être placé. Le groupe de rochers connu sous le nom de 
Roquedouve, est à environ trois lieues dans ie nord-est quart 
nord de l'extrémité du dernier rocher de cette chaîne; mais ie 
passage entre les deux se trouve réduit à environ une lieue 
et demie de largeur, par d'autres rochers sous l'eau qui, depuis 
Roquedouve, s'avancent à près de deux lieues dans le sud-est; 
en s'approchant de la côte de Bretagne. De plus , les limites de ce 
chenal ne sont marquées par aucun objet apparent; et en faisant 
route au milieu , on est exposé à rencontrer un écueil sous l'eau 
appelé Basse du Moulée. Le passage entre Bréhat et Roi$uedouve 
est donc difficile pendant le jour, et il serait trop dangereux 
pendant ïa nuit pour le fréquenter; ainsi, la vue" du phare 
de Bréhat ne peut tout au plus servir qu'à indiquer ie point 
de la' côte dont il ne faut pas approcher. Cet avertissement 
est essentiel à donner ; et dans le cas où les localités ne se préfe- 
raient pas à l'établissement d'un phare dans un emplacement 



-^»uv. . j JU^W^M■mJFJy!ïM.W\J^&AErT3&BKBJ , 



f 37 ) 
plus favorable, ii faudrait se contenter de celui d'un phare à 
Bréhat. Mais avant de prendre définitivement ce parti , il con- 
viendrait de s'assurer s'il n'y aurait pas quelque moyen propre à 
faire franchir sans danger, pendant la nuit., cette partie de ia côte, 
où la navigation est si dangereuse. 

II est à remarquer qu'un feu fixe place sur Roquedouve au 
Heu de l'être à Bréhat, remplirait toutes les conditions nécessaires 
et rendrait la navigation presque aussi facile pendant la nuit que 
pendant le jour. En effet, sa lumière serait suffisante du côté de 
l'île de Bas, éloignée de quinze à seize lieues dans l'ouest, et plus 
que suffisante du côté du cap Fréhei , situé dans le sud-est à douze 
lieues de distance , direction dans laquelle la navigation est le plus 
embarrassée d'écueils. 

La route au nord de Roquedouve paraît libre de tout danger ; et 
comme on peut passer assez près de ce groupe de rochers , le phare 
aurait le grand avantage de marquer la limite de la distance dont 
la côte peut être approchée dans cette partie. Les hâtimens allant 
â Saint-Maio ou à Granville , ou qui en reviennent , ne seraient 
plus obligés de s'écarter beaucoup dans le nord et de se détourner 
de leur route pour l'éviter. 

Le plan du groupe de rochers appelé Roquedouve a été levé 
par .M. de Lavoye, pendant les reconnaissances qu'il a faites, 
en i6jj , 1 676 et les années suivantes , sur ia côte de Bretagne. 
Le dessin de la carte originale de cet ingénieur est au dépôt des 
cartes et plans de la marine. On y voit plusieurs rochers marqués 
d'une couleur particulière, indiquant qu'ils restent toujours hors 
de l'eau. Deux de ces rochers ont reçu des noms particuliers ; celui 
qui est presque au milieu du groupe s'appelle la Madré, et le 
second, qui se trouve à l'extrémité orientale, a reçu le nom de 
Lavander. II est à présumer que ce sont les plus élevés et les plus 
considérables, et qu'Userait possible d'y construire une tour, même 



fe_ 



^ISI^ÉKWÏÏKa^ 



I 



(38 ) 

avec moins Je difficulté que sur le rocher d'Eddystone , si toutefois 
leurs abords ne sont pas trop dangereux. Ce dernier point est celui 
qu'il importe sur-tout d'examiner. Le service essentiel qu'un 
phare sur Roquedouve rendrait à la navigation des ports de 
Saint-Malo et de Granviîle, engage la Commission a prier M. le 
Directeur général de demander à S. Exe. le ministre de la marine 
de faire visiter Roquedouve par les ingénieurs hydrographes 
attachés au dépôt de la marine , afin d'éclaircir cette impor- 
tante question. Ils nous feront connaître, par un plan exact, la 
position des rochers entre eux, leur élévation, et nous apprendront 
si la force de la mer ou des courans permet de les aborder assez 
souvent, sans danger, tant pour y bâtir une tour, que pour 
relever les gardiens et leur porter des vivres , lorsque le phare sera 
construit. 

FEUX SECONDAIRES SITUÉS ENTRE LE CAP FRÊHEL 

ET' BRÉHAT. 

Saint-Brieue est le seul port à l'entrée duquel il soit nécessaire 
d'entretenir un feu de port, 

FEUX DU PREMIER ORDRE. 

Bréhût : feu fixe. 

Ile de Bas : feu tournant à huit lentilles. 

La distance de Bréhat à i'île de Bas est de treize lieues deux 
tiers, 

La portée totale des feux est de dïx-huit lieues. 

La côte comprise entre oes deux phares est bordée de rochers 
qui s'étendent, dans de certains endroits, à plus de trois lieues 
àw I&fge. L'île de Bas , indiquée par un feu , marque le point de 
la 'Cote où l'on peut commencer à se rapprocher de terre , lorsqu'on 
fcê dirige -à -l'ouest , ou à s'en, éloigner quand on va dans l'est. S'il 



s^HE^rrs-SBBSraHHSEnB! 



(3?) 
était possible de placer un feu sur Roquedouve, il indiquerait, 
du côté de Bréhat, la distance à laquelle on doit se tenir éloigné 
de la terre; en sorte que si l'on y construisait une tour, cette côte 
si dangereuse se trouverait balisée pendant le jour et pendant 
la nuif. 

phares secondaires situés entre bréhat 
et l'Île de bas. 

. L'a Commission a proposé d'allumer un feu de port à Moriaix. 
Mais comme les passes qui conduisent au mouillage de la rivière , 
sont longues et tortueuses , on pourra par la suite y établir des 
feux secondaires par échelons , comme en beaucoup d'autres 
endroits de la côte, et rendre ces passes praticables pendant Ja 
nuit, sans occasionner de confusion dans le. système générai que 
la Commission a adopté. 

PHARES DU PREMIER ORDRE, 

L'îU de Bas ; feu tournant à huit lentilles. 

L'île d'Ouessant; feu fixe. 

Ouessant est à quatorze lieues deux tiers de l'île de Bas: 
L'espace éclairé peut être de dix-huit lieues. 

II n'y a aucune observation à faire ici sur le phare d'Ouessant ; 
il en sera question plus bas , lorsqu'on s'occupera des feux établis 
à l'entrée de Brest. 



PHARES SECONDAIRES SITUES ENTRE L ILE 
DE BAS ET OUESSANT. 

II est possible que l'on demande par la suite de placer des feux 
de port à l'entrée de quelques-uns des petits ports de la côte 
compris entre les phares de l'île de Bas et d'Ouessant, et qui ne 
sont, en général, fréquentés que par les navires du cabotage et par 



wiiin , . ^jtm.Mm.'M^MhàsM 



< 4 ° > 

les pêcheurs. La Commission pourra, sans inconvénient, accorder 
tous ceux qu'elle jugera nécessaires. 

PHARES.DU PREMIER ORDRE/ 

L'île d'Ouessant : feu fixe. 

Bec du Ras : feu fixe. 

La distance du Bec du Ras au phare d'Ouessant est de dix 
lieues. 

■' On doit remarquer ici que la Commission s'est écartée du prin- 
cipe général de ne jamais placer deux feux présentant les mêmes 
apparences sur deux points aussi rapprochés l'un de l'autre que 
ceux-ci; mais comme, dans le système général, il doit y avoir à 
ïa pointe Saint- Mathieu un feu tournant du second ordre , et sur 
l'île de Sein un autre feu à courtes éclipses , également du second 
ordre, elle a cru devoir adopter, à l'égard. de cette partie de la 
côte, un arrangement particulier : les motifs qui l'ont déterminée 
à prendre ce parti vont être exposés. 

Les phares du premier et du second ordre, dont on vient de 
parler, ont pour principal objet d'assurer ïa navigation des vais- 
seaux qui entrent, pendant la nuit, dans la rade de Brest, ou 
qui en sortent. La navigation de cap en cap est en quelque sorte 
interrompue à cet endroit par une chaîne de roches très-dange- 
reuses, qui, à la vérité, laisse, entre elle et. le Bec du Ras un 
passage très étroit, mais qui , de l'autre côté, en se dirigeant 
droit à l'ouest, s'étend à plus de cinq lieues au large. M.Beautemps- 
Beaupré, ingénieur hydrographe en chef du dépôt des cartes et 
plans de la marine, ayant sous ses qrdres les ingénieurs hydro- 
graphes attachés à cet établissement," vient d'en' lever- un plan 
très-exact. Une campagne.de six mois de travaux, opiniâtres , 
pendant lesquels on a couru de grands dangers , a suffi a peine 
pour compléter ce plan. Les résultats obtenus sont'Ia connaissance 



«*fcu*k. . j^ÀààMi-MjkmsT^SÊ 



no 

entière du passage appelé Ras de Sein \ situé entre le Bec du 
Ras et la chaîne dé roches dont on:v'ient de parler. M. Beau- 
îemps-Beaiipré a fixe, tant du .côte du nord que de celui du sud, 
les limites de cette chaîne qu'on appelle Chaussée de Sein. On 
peut s'apercevoir, à l'inspection de la carte publiée au dépôt de 
la marine, que l'intérieur a été visité avec "soin; néanmoins, 
d'après la nature de cet écùeil, il serait impossible d'assurer que 
l'on a trouvé la véritable limite de son extrémité. En effet, c'est 
un amas de roches rapprochées les unes des autres , qui , à basse 
mer, présentent, dans le voisinage de l'île de Sein, des aiguilles 
élevées , mais qui s'abaissent graduellement à mesure qu'elles en 
sont plus éloignées ; d'abord elles ne paraissent plus au-dessus de 
la basse mer , ensuite elles ne forment plus , très-près de l'extrémité , 
que des rochers épars et cachés , que le hasard seul peut faire ren- 
contrer. Il eh résulte que la limite marquée sur la carte dont il est 
question , n'est réellement que celle des travaux des ingénieurs hy- 
drographes, qui ne pouvaient pas les pousser plus loin, sans s'ex- 
poser à perdre un temps qu'ils ont plus fructueusement employé sur 
d'autres parties de la côte. Certainement ils se sont arrêtés bien 
près de l'extrémité; cependant il serait imprudent de répondre 
qu'au-delà de la partie visitée par eux , iï ne se trouvât pas sous 
l'eau quelques roches détachées sur lesquelles des bàtimens , 
passant près de cette extrémité, pourraient se perdre. 

On peut donc établir, en règle générale, que l'on ne doit ja- 
mais approcher l'extrémité de la .chaussée de Sein. Dès -lors, il 
faut se contenter , en plaçant des feux propres à faire éviter ce 
danger , d'indiquer par la position relative dé ces feux , si ceux 
qui les aperçoivent se trouvent en dehors de ses limites du côté 
du nord et dans i'Iroise , ou bien s'ils sont dans le sud du côté 
de la baie d'Audierne. Ces deux indications leur apprendront, 
avec certitude, de quel côté ils doivent se diriger pour s'éloigner. 

F 



WJÊMJtoUMàLàièMM-M ■&i s *®kb*Wm>*me** i 



Le feu du second ordre, à courtes éclipses , placé sur l'île de 
Sein , remplira. l'objet qu'on se propose. S'il est établi sur la 
pointe la pins nord de l'île, il déterminera, avec ie 'feu fixe du 
premier ordre de la pointe du Ras, un alignement. qui prolon- 
gera la chaussée de Sein dans toute sa longueur, en passant 
à-peu-près au milieu. Ainsi les bâtïmens qui par hasard se 
trouveraient exposés à faire route: sur la chaussée de Sein, en 
seraient avertis par la présence de deux feux qu'ils, verraient 
dans l'Est, suivant fa même direction ou à peu de distance 
l'un de l'autre. On aura en général la certitude d'être au nord de 
la chaussée , toutes les fois que l'on apercevra un feu à courtes 
éclipses à droite d'un feu fixe; et au contraire on se trouvera 
dans le sud , quand le feu à courtes éclipses sera vu à la gauche du 
feu fixe. 

Le feu de l'île de Sein sera environ à une lieue deux tiers de 
celui du Bec du Ras ; et comme il sera vu de plus près par les 
vaisseaux qui sont au-large , on lui a donné moins d'intensité , 
afin que les deux feux puissent être aperçus en même temps de 
ce càté.- 

Le feu de la pointe du Ras marque d'une manière très-dis- 
tincte le passage que la chaussée de Sein laisse entre elle et la 
terre. ïi se lie aussi avec le système général de la navigation de 
cap en cap : i^ëst lui qui est le plus rapproché du phare de Pen- 
raarc'h-et qui marque. I-e poinfoù cette navigation est interrompue. 

Le phare d'Ouessant , ainsi qu'on fa vu, se lie du côté du 
nord au système de la navigation de cap en cap, et en 
marque la limite de ce coté: ïî sert en premier lieu à faire con- 
naître feutrée de Brest, et à indique? "iâ route qu'il faut suivre 
pour s'y engager. On aperçoit ensuite le phare de la pointe Saint- 
Mathieu , d'après lequel on doit se diriger pour entrer dans Je 
goulet. 



^sBs^T^-ss^mrxmswjBmB^mfSTrrr^^T^r 



( 43 ) 

Le phare de Saint-Mathieu est à .près de cinq lieues dans le 
S. E. du phare d'Ouessant. Leurs "feux seront vus en même 
temps dans un grand nombre de positions différentes ; mais 
comme, dans quelques-unes., on .pourrait n'apercevoir que le feu 
de Saint-Mathieu , ii a fallu donner à ce dernier une apparence 
qui empêchât non-seulement de le confondre avec celui d'Oues- 
sant, mais encore avec celùï de l'île de Sein : or, comme celui-ci 
sera à courtes éclipses, on -à, cru' que l'autre devait Être un feu 
tournant ordinaire à éclipses fréquentes , et l'on a proposé d'y 
établir, en conséquence, un appareil du deuxième ordre composé 
de seize demi-lentilles. 

Les feux des phares d'Ouessant et de Saint-Mathieu sont entre- 
tenus aux frais du ministère de la marine : ils consistent dans des 
lampes d'Argand munies de grands réflecteurs paraboliques. La 
Commission , en raison de l'importance de ces phares et de leur 
utilité pour la sûreté des vaisseaux de Sa Majesté, a l'honneur 
de représenter à M. le Directeur générai qu'il serait à désirer que 
le système proposé par elle pour éclairer les côtes de France, et 
qui est développé dans ce mémoire, fût communiqué à S. E. le Mi- 
nistre de la marine et des colonies, et que S. Exe. fût invitée à faire 
remplacer, quand elle ie jugerait convenable, les miroirs para- 
boliques - servant actuellement à l'éclairage de ces deux phares, 
par les appareils lenticulaires dont on vient de parler. 



PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le Bec du Ras : feu fixe. 

Penmarc'h : feu tournant à seize demi-lentilles. 

La distance du Bec du Ras à Penmarc'h n'est que de sept lieues ; 
ainsi le feu tournant de Penmarc'h sera vu dans toute l'étendue 
de cette distance : ii en sera, la- plupart du temps, de même à 
l'égard du Bec du Ras ; mais en s'en rapprochant , on ne tardera 

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Ui) . 
pas à voir en même temps sur la gauche le feu du. second ordre 
à courtes éclipses de ï'île de Sein. . 

Le phare de Penmarc'h est celui qui doit servir de point dç 
reconnaissance aux bâtimens venant du large et allant à Lorient- 

PHARES SECONDAIRES SITUÉS ENTRE LE BEC DU RAS 

ET PENMARC'H. 

Iï ne se trouve dans l'étendue de côte située entre ces deux 
phares, que le port d'Audierne , peu éïoigné du Bec du Ras, 
où il puisse devenir nécessaire d'entretenir un feu de port. Il 
existe néanmoins , très-près de Penmarc'h , une petite anse , 
nommée anse de la Torche , où se trouve la seule plage sur 
laquelle des bâtimens chargés en côte pourraient venir se jeter 
sans courir risque de se perdre corps et biens. Les circonstances 
où l'on est forcé de prendre ce parti extrême, sont heureusement 
très-rares ; cependant , si l'an juge par la suite qu'il soit utile 
d'indiquer pendant la nuit cette plage par un feu , ou bien 
si les caboteurs ou les pêcheurs réclament ce secours, H ne faudrait 
pas hésiter à le leur accorder. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Penmarc'h : feu tournant à seize demi-Ientilfes. 

Ile de Groix : feu fixe au fort de la Croix. 

La distance est de treize lieues, et l'espace susceptible d'être 
éclairé dans les temps ordinaires . est de seize lieues; ainsi l'on 
verra presque toujours la lumière de l'un ou l'autre de ces feux. 

Le phare de Penmarc'h servira, ainsi qu'on l'a dit pins haut,, 
d'objet de reconnaissance pour aller à Lorient,. et celui de Groix 
indiquera le lieu où les bâtimens pourront attendre le jour ou 
un temps -favorable pour entrer dans ce port; il sera aussi fort 
utile ,. comme point très-avancé, à ceux qui prolongeront la côte- 



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(45 ) 

FEUX SECONDAIRES SITUÉS ENTRE PENMARC'h 
ET GROIX. 

Lorsqu'on va Je Penmarch à Groix , on passe au large d'un 
groupe d'îles appelées îies de Gfenan : un feu du troisième ordre , 
à courtes éclipses , serait établi sur l'ife de Penfret , pour indi- 
quer le mouillage le plus fréquenté. Ce feu pourra être aperçu 
de quatre ou cinq lieues ; il serait avantageux qu'il pût être vu 
du large dans beaucoup de directions ; ce serait un secours de 
plus pour ceux qui prolongent la côte. 

Loctudy , la rivière de Quimper et Concarneau sont des lieux 
où il faut entretenir des feux de port. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Ile de Groix : feu fixe au fort de l'a Croix. 

Belle-Ile : feu tournant à huit lentilles. 

La distance de ces phares est de huit: lieues , et l'espace écfafré 
pourrait être de dix-huit , c'est-à-dire , beaucoup plus long. 

Belle-Ile est un des; grands attérages de la côte de France* 
c'est à ce point que l'on vient prendre connaissance de terre pour 
aller dans la Loire; et lorsque l'es vents soufflent du sud, one 
vient quelquefois chercher cette île pour aller à Lorient. 

PHARES SECONDAIRES SITUÉS ENTRE GROIX 

ET BELLE-ÎLE. 

II sera nécessaire d'entretenir des feux de port au Port-Louis ^ 
à la rivière de Crac'h , à l'entrée du Morbihan et sur la pointe 
N. E. de l'île dlioedic. 

Le Morbihan ,. où se trouvent grand nombre de petits ports et 
de chenaux étroits , fréquentes par de petits navires et princi- 
palement par des pêcheurs , exigera sans doute qu'on établisse 



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i. 



(46) 

des feux Je port clans plusieurs endroits; mais on le fera à me- 
sure qu'on en sentira le besoin. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Belle-Ile: feu tournant à huit lentilles. 

Ile-Dieu , à la tour Saint-Sauveur : 'feu fixe. 

La distance de ces deux phares est de seize lieues deux tiers , 
et i'espace qui pourrait être éclaire, de dix-huit lieues ; ainsi l'on 
verra presque toujours la lumière de ces deux phares. 

PEUX SECONDAIRES SITUÉS ENTRE BELLE-ILE 
ET L'ÎLE-DIEU. 

Les feux secondaires dont il est ici question sont destinés 
à faciliter l'entrée de la Loire. Les hâtimens venant du large , 
qui auront eu connaissance du feu de Beile-Ile , se dirigeront 
d'après le feu d'un phare établi sur un banc appelé le Four de 
Guérande ; ensuite le même phare les aidera à passer entre ce 
banc et la pointe du Croïsic, pour entrer dans la Loire. . 

Le phare du Four de Guérande sera un feu tournant du 
second ordre, à seize demi-lentilles. Il est éclairé actuellement 
par huit miroirs à double parabole, portant chacun deux becs 
d'Àrgand ; on y substituera, dans la suite, l'appareil lenticulaire. 

La distance du phare de Belle-Ile à celui du Four est de huit 
lieues et demie environ , et l'espace qui pourrait être éclairé, de 
seize lieues. Le feu de Belle- Ile à lui .seul peut éclairer tout 
cet intervalle. Usera d'un grand secours aux bâtimens qui voudront 
entrer en Loire, ainsi. qu'à ceux qui en sortiront. 

Le feu du Four, dont -on vient de parler , est près de l'extré- 
mité de la rive droite de la Loire. Un autre feu sera placé sur 
un îlot appelé le Pilier, situé à peu de distance de la partie de 
l'île de Noirmoutier qui forme la pointe de l'entrée de la ri- 
vière du côté de la rive gauche. Ce feu sera du second ordre 



V JLLi^, ._ IJMààaJUdmJKBLMàMÈiiBlJi 



— — 



'«A.*** ■ 



(47 ) 

et à courtes écfipses. H servira aux bâtimens qui entrent dans la 
Loire de ce côté , ou à ceux qui en sortent, et aux pêcheurs qui 
fréquentent la Baie de Bourgneuf. 

En établissant un feu fixe du troisième ordre sur chacune des deux 
tours d'Aiguillon , on indiquera l'alignement qu'il faut suivre pour 
entrer dans la rade des Charpentiers et dans celle de Bonne-Anse. 
PHARES DU PREMIER ORDRE. 

L' Ile-Dieu, sur la tour de Saint-Sauveur : feu fixe. 

Tour des Baleines , dans l'île de Ré : feu tournant à seize demi- 
lentilles. 

La distance de la tour' de Saint-Sauveur à celle des Baleines 
est de quatorze lieues un tiers. 

L'espace qui pourrait être éclairé par ces deux phares est de 
seize lieues. 

Le phare de ïa tour des Baleines marque l'entrée du pertuis 
Breton", et donne les moyens d'éviter un banc de roches dange- 
reux qui s'étend à près de deux lieues au large de la pointe sur 
laquelle il est placé. La route qu'on fait en allant du phare de 
l'Ile-Dieu à celui de la tour des Baleines, peut conduire égale- 
ment à la rade de Saint-Martin de l'île de Ré et à la rade de 
111e d'Aix , qui. est. celle de Rochefort. 

FEUX SECONDAIRES SITUES ENTRE' l'ÎLE-DIEU 
ET LA TOUR DES BALEINES. 

La pointe des Sables- d'Olonne est environ à moitié chemin 
entre l'Ile-Dieu et la tour des Baleines; elle est assez saillante, 
et sur-tout dangereuse à cause d'un groupe de rochers appelés 
Barges d'Olonne , qui la font encore saillir davantage. Un feu 
du troisième ordre , à courtes éclipses , doit être établi à l'ex- 
trémité de cette pointe , pour avertir pendant la nuit qu'il ne 
faut pas approcher du lieu où il est placé. Ce feu sera aussi d'une 



*J-imaWÊMJUIàJUgHiA*M&!*âllk*3âkL 



3^ 



assez grande ressource à l'entrée du pertuis Breton ; parce qu'il 
donnera le moyen devîter plusieurs écueiis. 

Il sera aussi nécessaire d'entretenir un feu de port à l'entrée 
' du port Saint-Gilles et du port de Saint-Martin à l'île de Ré. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Toit?- des Baleines-, dans l'île de Ré : feu tournant à seize demi- 
ïentiîles. 

Tour de Chassiron, dans l'île d'Oléron : feu fixe. . 

La distance de l'un de ces feux à l'autre n'est que de quatre 
lieues deux tiers. Ils seront "vus en même temps par les bâti- 
mens qui se présenteront à l'entrée du pertuis d'Antioche, pour 
aller soit à la rade de l'île d'Aix , soit à celle des Basques , située 
en avant de la Rochelle. 

FEUX SECONDAIRES SIT-UÉS ENTRE LES TOURS 
DES BALEINES ET DE CHASSÏRON. 
Un feu du troisième ordre sera placé sur l'île d'Aix, pour in- 
diquer la route qui conduit au mouillage de cette île. 

Il y a vis-à-vis de la Rochelle un banc nommé le Lavardin , 

près duquel les bâtimens qui veulent jeter l'ancre dans la rade de 

' Chef-du-Bois, sont obligés depasseroumêmede mouiller. Userait 

à désirer que l'on pût y construire une tour pleine ; mais elle 

serait d'une exécution difficile. 

Il faudra entretenir un ïéu de port à la Rochelle. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Tour de Chassiron : feu rixe. 

Tour de Cordouan ; feu tournant à huit lentilles. 

La tour de Cordouan n'est qu'à neuf lieues deux tiers de celle 
de Chassiron. La côte occidentale de l'île d'Oléron , située entre 
ces deux tours, est inabordable. Les bateaux pêcheurs ont même 
grand soin de l'éviter. Tout bâtiment venant du large sera averti 



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( if ) 

qu'il approche de cette côte dangereuse , quand il verra ces deux 
feux en même temps et qu'il aura le feu tournant à droite et le 
feu fixe à gauche. Lorsqu'il verra, au contraire , un feu tournant 
à sa gauche et un feu fixe à sa droite, le feu à éclipse sera celui de 
la. tour des Baleines, et sa position lui permettra d'entrer dans le 
pertuis d'Antioche. Il pourra même souvent apercevoir à-la-fois 
les trois phares dont on vient de parler. Ainsi, au moyen des 
apparences différentes que l'on peut donner aux feux, l'espèce 
d'accumulation de phares qui a lieu sur cette partie de la côte , 
loin d'être nuisible, augmente au contraire les moyens de recon- 
naître sa position. . . 

PHARES SECONDAIRES PRES LA TOUR 
DE CORDOUAN. , 
Le phare de la tour de Cordouan est principalement destiné 
à marquer l'embouchure de la Gironde ; maïs après avoir 
doublé la tour , on est obligé , pour entrer en rivière, de passer 
près de la pointe de Grave, qui est très-basse et difficile à dis- 
tinguer pendant la nuit. Un feu fixe du troisième ordre sera établi 
sur cette pointe pour la faire reconnaître. 

Il y aura un feu de port sur les jetées de Royan. 

PHARES DU PREMIER ORDRE- 

Tour de Cordouan : feu tournant à huit lentilles. 

Biarïti : feu tournant à seize demi-Ientiiles. 

La distance de Cordouan à Biaritz , situé près de l'embou- 
chure de la rivière de Baïonne, est'de quarante-deux lieues deux 
tiers , en latitude ; ainsi il n'est pas à craindre que l'on risque de se 
tromper et de confondre ces deux feux, dont les éclats sont d'ailleurs 
deux 1 fois plus fréquens dans l'un que dans l'autre. La navigation de 
cap en cap est interrompue à l'embouchure de la Gironde , comme 
à l'entrée du port de Brest ; mais les motifs sont différens : ce 

G 



rr-mmmsm^^mT^^m^XEmmsm^^m^^^-- 



(5° ) 

ne sont pas des écueils qui empêchent d'approcher la côte située 
entre Cordouan et Baïonne, mais ia nature de la côte elle-même 
qui est droite, sans aucun' abri, et sur laquelle on serait infail- 
liblement jeté, si , se trouvant à une petite distance de terre , on 
était surpris par des vents d'ouest, qui soufflent souvent et avec 
violence dans ces parages. 

Le phare de Biaritz est celui qui donne aux bâtimens obli- 
gés de passer ia nuit à l'entrée de la rivière de Baïonne , le moyen 
de prendre une position favorable pour se présenter le lendemain 
à l'embouchure de la rivière , et recevoir les pilotes chargés de 
conduire les bâtimens dans l'Adour , ou apprendre d'eux,. par 
des signaux, la route qu'il faut suivre. pour franchir la barre, 
toutes les fois que le mauvais temps ne permet pas aux pilotes 
de se rendre à bord. 

PEUX SECONDAIRES SITUÉS ENTRE LA TOUR 
DE CORDOUAN ET BIARITZ. 

Un feu fixe du troisième ordre , placé à l'entrée du bassin 
d'Ar cachons 



COTES DE LA MEDITERRANEE. 



PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le cap Béant., près de Port-Vendre : feu fixe. 

Le fort Brescoû ou la Butte d'Agde : feu tournant à huit lentilles. 

La distance de ces deux phares est de seize lieues ^ et la ligne 
qui pourrait être éclairée, de dix-huit; ainsi il est à présumer que 
ï'on verra ordinairement la lumière de l'un de ces phares , lorsqu'on 
sera entre le cap Béarn et Agde. 



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( 5> ) 
Le feu du cap Bcarn, indiquant l'entrée de Port- Vendre, sera 
d'un grand secours aux bâtîmens qui seront obligés de rester au 
large pendant la nuit, avant de pouvoir entrer dans ce port. 

PHARES SECONDAIRES SITUES ENTRE £E CAP BÉARN 
ET LE FORT BRESCOU. 

Il sera peut-être nécessaire de marquer la passe de Port- 
Vendre par des feux de port ; il faudra, à cet égard , consulter les 
marins du lieu. 

L'entrée de CoIIîoure exigera peut-être un feu de port; il en 
faudra un autre au fort de la Nouvelle; 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le fort Brescou ou la Butte d'Agde: feu tournant à huit lentilles. 

La tour de Saint- Genest , aux bouches du Rhône: feu fixe. 

La distance du fort Brescou à la tour de Saint-Genest est de 
dix-sept lieues deux tiers , et la ligne qui pourrait être totalement 
éclairée, de dix-huit lieues. ; ainsi cette distance approche tellement 
de la limite, que l'on sera exposé, pendant quelques instans, à 
perdre les deux phares de vue, lors'que l'atmosphère aura moins 
de transparence qu'à l'ordinaire. 

PHARES SECONDAIRES ENTRE BRESCOU , 
ET SAINT-GENEST. 

Il y a, depuis très-long-temps, au port de Cette, une tour sur 
laquelle on entretient un feu. On y allumera, par la suite, un feu 
fixe du troisième ordre, qui ne pourra pas être 'confondu avec le 
feu tournant du fort Brescou. 

Un autre feu idu troisième, ordre, à courtes éclipses, et , d'un 
mètre de diamètre, sera placé à Aigues-M.ortes, lequel ne pourra 
jamais être pris pour le feu fixe de la tour de Saint-Genest, et 
aura-encore une portée assez' grande, même dans des circonstances 

G 2 



"fffllliiy* ,!■, Jk* klÀUMÀ -^iiftèiîikUw* 



( 5* ) 

défavorables, pour être vu des bâtimens qui naviguent le long de 
fa côte. II n'est pas à craindre que le feu fixe du troisième ordre 
de Cette soit pris pour le feu fixe de Saint-Genest, parce que l'on 
ne verra jamais le feu de Cette sans apercevoir le feu tournant du 
fort Brescou. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

La tour de Saint-Genest , aux bouches du Rhône r feu fixe; 

L'île Planier , devant Marseille : feu tournant à seize demi- 
lentilles. 

La distance de ces phares est de neuf lieues , et la ligne qui 
pourrait être entièrement éclairée, de seize lieues; ainsi, en allant 
des bouches du Rhône à Marseille, ou en faisant ia route en 
sens-contraire, on aura, toujours en vue la lumière de l'un ou de 
l'autre de ces phares. ■ 

PHARES SECONDAIRES ENTRE l/ÎLE PLANIER 
ET SAINT-GENEST. 

Un petit canal qui conduit à l'étang de Berce, et qui est à peu de 
distance de la tour de Saint-Genest, a reçu le nom de Port-de-Bouc; 
c'est le port de Martigues. Quoiqu'il n'y ait que très-peu d'eau , et 
qu'il ne reçoive que des bateaux ou de très-petits navires, il serait 
utile d'y établir un feu de port. 

■ PHARES DU PREMIER ORDRE. 

'L'île Planier : feu tournant à seize demi -lentilles-.! 

Le cap Skie': feu fixe. 

La distance de ces deux phares est de neuf lieues deux tiers ; 
ï'étendue de ia ligne éclairée pourrait être de seize 1 lieues; -et se 
trouve beaucoup plus grande. 

Ce sont les deux phares les plus importais de fa côte, parce 



imà^.^Màm±wmi m jemàMÊi*Us< < <^- . 



i 53 ) 
qu'ils incliquent les ports- les plus fréquentés de France sur la Médi- 
terranée. Le premier sera vis-à-vis la rade de Marseille, et le 
second très-près de la rade de Toulon. 

Il n'y a eu, jusqu'à présent, aucun phare assez brillant pour 
donner au grand nombre de bâtimens de commerce richement 
chargés qui viennent à Marseille , les moyens de pouvoir, en toute 
sécurité, prendre, pendant la nuit, le mouillage qui précède ce port. 
Ce n'est que depuis le moment où les travaux de la Commission 
des phares ont pu faire des progrès rapides, que rétablissement d'un 
phare du premier ordre sur l'île Plaider a été définitivement arrêté. 
La tour est actuellement en construction, et il y a lieu d'espérer 
que le commerce de Marseille jouira sous peu des grands avantages 
que ce phare doit lui procurer. 

On ne connaît , entre les phares de l'île Plaider et du cap Skié* 
que le port de Marseille où il paraisse nécessaire d'allumer un feu 
de port.. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 

Le cap Strié : un feu fixe, 

La tour de Camarat : feu tournant à huit lentilles. 

-La distance des feux est de douze lieues , et la longueur de 
leurs portées réunies, de dix-huit lieues.. 

Le feu que l'on entretient depuis long-temps sur la tour de la- 
jetée du port de Cette , est un des moins faibles qui , jusqu'à pré- 
sent , aient été établis sur les côtes de la Méditerranée. Non-seule- 
ment on avait négligé de s'occuper des besoins de la navigation 
générale de ces côtes , mais on n'avait pas même songé à 
ceux de quelques localités qui auraient dû fixer particulièrement 
l'attention. Aucun phare brillant, comme on. vient de le voir,. 
n'indiquait les approches de Marseille. La rade du port de Toulon, 
l'un des principaux sièges de nos forces navales , n'e'tait marquée par 



» J m -il.- . l,p j,, ,j a 



xrao 



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( 54 ) 
aucun phare ou feu qui en facilitât l'entrée pendant la nuit. 
Les réclamations récentes du commerce de Marseille , relativement 
à l'établissement d'un phare sur l'île Planier , prouvent que ces 
besoins avaient été sentis; et les lacunes qui subsistent à cet 
égard ne peuvent être attribuées qu'à l'imperfection des moyens 
dont on a pu disposer jusqu'à présent, et qui ne permettaient 
pas de multiplier les phares sans de grandes dépenses, ou 
sans avoir à craindre les dangers des méprises occasionnées 
par des lumières de même apparence, trop rapprochées les unes 
des autres. Le système adopté, à l'aide duquel il est possible de 
donnera ces lumières une grande variété d'aspects, a fait dispa- 
raître des obstacles qui, jusqu'à présent, n'avaient pu être sur- 
montés. Désormais les côtes de" la Méditerranée seront éclairées 
d'un bout à l'autre, comme celles de l'Océan. Les navigateurs de 
ces deux mers n'oublieront jamais qu'ils doivent un bienfait si 
digne de toute leur reconnaissance , aux encourageïnens éclairés 
que M. le Directeur général des ponts et chaussés a donnés aux 
travaux de la Commission des phares, ainsi qu'aux succès des 
recherches de M. Fresnei , à qui est due l'invention des appareils 
lenticulaires, et de M. Àrago, qui est parvenu, de concert avec 
cet habile ingénieur, à augmenter l'intensité de la lumière des 
lampes , beaucoup plus qu'on ne l'avait fait jusqu'à présent. 

PHARES SECONDAIRES SITUES ENTRE LE CAP SICIÉ 
ET LA TOUR DE C A M A RAT. 
La rade de Toulon et celle des îles d'Hyères , qui se trouvent 
entre le cap Sicie et la lourde Camarat, et sont très-fréquentées 
par les plus grands vaisseaux de guerre et les bâtimens marchands,' 
ont obligé de multiplier les feux secondaires dans cette partie de fa 
côte, comme on l'a fait à l'entrée de Brest et à l'embouchure de 
la Loire. 



*3SKa 



( 55 ) 

Un feu fixe du troisième ordre, placé au cap Sepet, indiquera 
l'entrée de la rade de Toulon. 

La grande passe de la rade des îles d'Hyères, qui est entre 
l'île Porquerolles et Port-Gros, sera indiquée par un feu à courtes 
éclipses , placé très-près , dans le nord, de la pointe voisine des îles 
Serai gn et. 

Un second feu fixe du troisième ordre sera établi vers l'extré- 
mité orientale de l'île du Levant ou des Titans, de manière qu'après 
avoir prie connaissance de ce feu, en venant de l'est-, pour passer 
entre les îles et fa -terre, on puisse, sans crainte, faire route 
pour le mouillage , dès qu'on aura vu le feu de la pointe orientale 
de Porquerolles au large de la côte nord de i'île Port-Cros. 

PHARES DU PREMIER ORDRE. 
La tour de Camarat : feu tournant a huit lentilles. 
La Garouppe : feu fixe. 

La ligne éclairée pourrait être de dix-huit lieues , et la dis- 
tance qui sépare les deux phares n'est que de dix lieues un tiers ; 
ainsi, en allant de l'un à l'autre, on ne perdra jamais la lumière 
de vue; la plupart du temps même, le feu de Camarat pourra 
être vu de la Garouppe. 

II n'y a entre ces deux phares aucun port très-remarquabie ; 
on ne propose point en conséquence d'y établir d'autres feux. 
Paris, le p Septembre 1825. 

Le Contre-amiral honoraire , 
Rapporteur de la Commission des phares „ 
ROSSEL. 



a' 1 ..U* JbJtWl'. ^i.A^ib^fc*«««^ • 



AVIS 

DE LA COMMISSION DES PHARES. 



ï 



La Commission des phares a entendu, avec Je plus vif intérêt, la lecture 
du rapport de M, le contre- amiral de Rossel. Après avoir examiné attentive- 
ment les dispositions proposées dans cet important mémoire , elle les a toutes 
adoptées, comme étant les plus propres à satisfaire aux besoins de ïa navs-. 
gation, et à établir entre les feux la diversité nécessaire pour empêcher de 
les confondre. 

En donnant son approbation au beau travail de M. de Rossel, elle prie 
ce savant marin de recevoir ses remerciemens , et croitpouvoir y joindre par 
avance ceux des navigateurs, pour le service important qu'il vient de ieur 
rendre , service dont ils seront bientôt à même d'apprécier toute l'étendue. 

Paris, le o Septembre 1825. 

Signé: L. Becquey, Directeur général des ponts et chaussées et des mines; 
présidant la Commission ; E. HALGAN, Contre-amiral ; DE Prony, Inspecteur 
général des ponts et chaussées ; Arago , de l'Académie des sciences; Sganzin, 
Inspecteur général des ponts et chaussées; Roll AND, Inspecteur général des construc- 
tions navales; TarbÉ DeV AL'XCLAïaS, Inspecteur général des ponts et chaussées; 
MATHIEU] de l'Académie des sciences; FresiseLj Secrétaire de la Commission- 



rVu^nuAk: . JsMMNkMASmL,-. .- ". . 



TABLEAU 

De la Distribution générale dés Feux sur les Côtes 
de France. 





iVbw. On a 


-narqué d'un astérisque chacun des pftares existans, 


et d'un double astérisque 


le seul phare établi jusqu'à présent d'après le nouveau système. 




PHARES 


PHARES 


PHARES 




N.» 


du 


du 


du 


FEUX DEPORT. 




PREMIER ORDRE. 


DEUXIÈME OHDRE. 


TROISIÈME ORDRE. 






C( 


)TES DE LA 


MANCHE. 

"Diwkrijue-: feu à courtes 
Gravelines : feu fixe. 


Dunkerquc. 


i . 


•O&ù.-ha tournant. 










seize demi-leiitilltt. 










Grimtz : feu fisc 




"Cnyeux, à l'entrée de la 
Somme: feu a courtes 
éclipses. 


Boulogne. 

Étaples. 

L'Authie. 


J- 


M///,-, feu tournant, huit 




*£>%*.■ feu fixe. 






lentilles. 






S.-Valéry en Caux. 


4- 
5- 


Ci:p d'Ami fer: feu fixe. 
'ZtfHrVc deux feux lises. 




^Ronfleur: feu fixe. 
EmhucAarei&lVr/reyîm 


Le Havre. 
Hon fleur. 
La Hougue. 


6. 


"Barfieur: feu tournant, 








seize demi-lentilles. 






Cherbourg. 


7- 


Co/' & Hagut : feu fixe. 










CapCartem: feurom'nam 










seize demi-lentilles. 


Cranvilk : feu fixe d'un 

Sur le fonde ] il Couchée 
ou l'une des au:resïies 
situées devant la rade 
de Saint-Maie : feu à 


Saint-Malo. 


8. 


GïpFrikl-Siv. tournant, 










seize demi-leMilïes. 






Entrée deS-Brie'uc. 


y- 


SMé»(« ■■ feu fixe. 








.,. 


L'/ï^ftïï.-fcutourn.mt:. 






Morlaix. 



,M^MLJ^MA±*im^A^mte**mmJk ■ 



\ 





PHARES 


_ PHAIVES 


.PHARES 




n:« 


du 


_ du 


du 


FEUX DE PORT. 




PREMIER ORDHE. 


DEUXIÈME ORDRE. 


TROISIÈME ORDRE. 








CÔTE DE l/ 


OCÉAN. 




"■ 


'Ouessani: feu fixe, 


Saint- Mathieu: feu tour- 

niin t, seize denit-lcntillo.î. 








Bec du Ras : feu fixe. 


Ile Je Sein: feu à courtes 




Aud terne. 




Pemnarâh: feu tournant. 










seize demi-lentilles. 




L'île de Ptnfm , faisant 

partie desGléimtii: (tu 


Loctudy. 

Rivière de Qnimper. 

Concumeau. 


14. 

'S- 


VlIedeGroix, au fort de 
h Croix : feu fixe. 

Belle -Be, ' au Goulfart : 
feu tournant, huit 
lentilles. 


Le / o/(j' ..feu tournant, 
seize demi-lentilles. 

Le Pilier: feu à courtes 
éclipses. 


Tours tl'Akidilo'i : deux 
feux fixes. 


Port-Louis. 
Rivière de Crac'h. 
Entrée duMoibihan, 
L'île d'Hoédicà la 

pointe N. E. 
Penerf.. 


I0\ 


Z/ff* Dieu, sur la tour 






















*I«J^fa;feuàcourtes 


Saînt-Gillcs.. " 


"7- 


*7™f Aï B. bines: feu 
lentilles. ' .. 

*Tour de Chassii-an : feu 
fixe. 






Saint-Martin. 

AuLavardin.-fTour 
d'une éxecution 
diflicile. ) 

La Rochelle. - 

lie dAix. 


19. 


tournant, l.uitleotiiies. 




Pointe de Graves :feu fixe. 
Bassin d'Arcachon ; feu 


Royan. 


zt. 


Biarirz : feu tournant , 
seke demi-lentilles. 






Jcan-de-Lui, 



mÊm^ms^msmmmmmm 





PHARES 


PHARES 


PHARES 




H ,;o, 


du 


du 


du 


FEUX DE PORT. 




PREMIER ORDRE. 


DEUXIÈME ORDRE, 


TROISIEME ORDRE. 






CÔTES DE LA MÉDITERRANÉE, 


... 


LtcapBénrn, près le port 
Vendre : feu fixe. 








23. 


Le fort firesrou ou la Butte 
d'Agi': feu tournant, 
huit lentilles. 

l'ont dtSaim-dnest : feu 




*C'.tIc : feu fixe. 


Port-Vendrc. 

Collioure. 

Fort de la Nouvelle. 

PortdeBoucouMar- 


=4- 


L'fls Phnitr: feu tc-ur- 

Le cdp J kit : feu fixe. 






Marseille. 


26. 


£t? c,;j>C,;mar,it: (ci tour- 
nant, huit lentilles. 




Lie de Porqaerolhi , à la 

pointe voisine de.; ilcj 
Serai^îict : feu à cour- 

tk dit Levant, extrémité 
orientale : feu fixe. 


Cap Sep et. 


27. 


La Gitrouppc : feu fixe. 













-û, S.liMHt • " f 

" " S ' CÔr *S BV NO«»' 



Km 




€ A MITE 
S eÔTES DE FRÀWCE 

.SY« LAQUELLE ON A INDIQUE 

</,M:> Ct> cr ,/,,//«■ JHT m, ,;/,:,, 

CONFORMÉMENT 

au système mènerai propose par la Commission des Phares 

OBESSMM 

par ordre 

( <\ JW» BECOl'Kr, t uiueiflei' i 1 t'Ial , 

viREcTjsm cmffziuz oxs Pfwm et amtrssé&s 

et des Mines. 

182(5 . 

TABLEAU des Signes, indicatifs des différentes espèces de Feux. 

[ * /'t'it four/ui/i/ ii fi éenéOûfew, oui ,>■ 'ci ■///?,<•{' de J mtftu&> en 1 mt/tufe 
Plmres thi l 01 ' ordre \ T Fou Aw/vur/i/ à /(>' div,u -/<>//////,;,■ r ,r/u s 'ri-Zt/w de ■ ifan/~mmtt(e en tfam-mmitA' 
' T Fettjt.ve . 

\ 1 /<w towriasU à it> ,/twu-Â'///j//nr,ytt/' .-• 'âbépxœ. de, d'm/-/ru/ui/p m- i/i^d-M-z/m/c 
Phares uti y""" ordre \ * 

/ 1 /&/ A etMi/fi'.e i-i-/ej>.r<:r l iw/wvt/ti/t/ de -/^W J"7f/ve\ 



^/Hwun/èuji.re Je &£**»/*&» <W V >,r.r ,,v 



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Phare» du 5"f ordre t 



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Lieues Marines de se au deci" 



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